[TRIBUNE] La double faute de François Hollande

François Hollande avait annoncé la couleur lors de son séjour à Jérusalem, en novembre dernier : il déclarait être «toujours» prêt à «trouver un chant d’amour pour Israël et pour ses dirigeants» (1). Rien là d’une formule, comme on vient de le voir. Face au terrible drame de Gaza, le président de la République a en effet traduit ses propos diplomatiques en ligne politique. La confusion de son discours dès le début de l’actuel conflit n’a fait que le confirmer.

Mobilisations rurales en Méditerranée

Juillet 2014- N° 14
Sous la direction de Sébastien Abis
En Méditerranée, les transitions politiques, les enjeux économiques, les urgences environnementales et le défi de la gouvernance ne se limitent pas aux villes et aux littoraux. Le pari d’une croissance plus inclusive demain passe nécessairement par tous les territoires et concerne l’ensemble des acteurs de la société.

La question kurde : passé et présent

Juin 2014- N° 13
Auteur : Jordi Tejel Gorgas
La question kurde émerge au début du XXe siècle comme une question « minoritaire » liée à l’apparition des États-nations modernes au Moyen-Orient, avec des rythmes différenciés, au gré des évolutions des systèmes politiques et des rapports de force dans chacun des États.

Petit précis d’islamisme : des hommes, des textes et des idées.

Janvier 2014- N° 12
Auteur : Haoues Seniguer
Cet ouvrage, volontairement succinct, n’a absolument pas la prétention de l’exhaustivité. Il vise beaucoup plus à donner au lecteur francophone, qui s’intéresse au monde arabe et musulman contemporain, des éléments de compréhension globale de l’islamisme (ou islam politique) dont il est beaucoup question aujourd’hui, notamment après les soulèvements populaires de décembre 2010 en Tunisie, et l’accession au pouvoir de mouvements dits islamistes, autrefois interdits, clandestins, semi-légaux ou dans l’opposition.

[TRIBUNE] Affamer la population, la nouvelle stratégie de Bachar al-Assad

Alors que la communauté internationale reste suspendue à la date de la conférence de Genève, un drame humanitaire d’une rare ampleur menace les populations syriennes. De Yarmouk, vaste camp palestinien au Sud de Damas, de Mouadamiya, banlieue de la capitale et de la Ghouta du centre historique de Homs, les mêmes échos et images parviennent - rarement - vers l’extérieur : des corps de femmes, d’enfants et d’hommes décharnés qui rappellent les famines africaines des années 80 ou encore, ces corps sortant des ghettos de la Seconde Guerre mondiale. La communauté internationale crie-t-elle au scandale ? Exige-t-elle une réaction ? Non, le silence se fait lourd. Ces famines à répétition sont-elles le fait de la désorganisation des circuits économiques, résultant de la guerre civile ? Non. Elles appartiennent à un ensemble de dispositifs de répression utilisés de longue date par le régime, autre versant de ses moyens de répression.

Ne ralâchons pas la pression militaite sur Bachar Al-Assad

La proposition du ministre russe des affaires étrangères de placer les armes chimiques sous contrôle international pour les neutraliser semble soudainement changer la donne de la crise syrienne, alors qu'en réalité les fondamentaux sont toujours là.

Pour accompagner les migrations en méditerranée

Juin 2013- N° 11
Auteure : Catherine Wihtol de Wenden
Les migrations dans l’espace méditerranéen sont diverses et évolutives. Elles développent des migrations en chaîne, allant de l’Ukraine à l’Afrique sub-saharienne, transformant les zones de passage en lieux de transit. L’espace migratoire euro-méditerranéen qui existe, du Sud au Nord, ainsi que dans les Balkans et d’Est en Ouest, est peu pris en compte par les politiques migratoires européennes qui tournent le dos à la Méditerranée.

Pour le peuple syrien

En quelques jours, les attentats sanglants en Turquie et les raids israéliens sur la Syrie sont venus rappeler l’extrême gravité de la tragédie syrienne et les risques de déstabilisation régionale qu’elle comporte. Comme pour ajouter à la confusion, Mme Del Ponte, la magistrate internationale et membre d’une commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie, s’est permise, sans preuves, d’accuser l’opposition d’avoir utilisé des armes chimiques. Venant ainsi mêler sa voix - aussitôt désavouée par l’ONU - à toutes celles qui cherchent à nier la réalité d’une situation dans laquelle un régime est entré en guerre contre son propre peuple. On a, en effet, prétendu bien des choses : que les heurts entre les manifestants et les forces de l’ordre étaient le fait d’éléments infiltrés venus de l’étranger, que l’Observatoire syrien des droits de l’homme publiait systématiquement des informations erronées, que l’opposition était inspirée et instrumentalisée par des Etats hostiles à la Syrie ou qu’elle ne relevait que de la mouvance fondamentaliste sunnite encline aux postures jihadistes et aux alliances avec Al-Qaeda.

Tunisie : la révolution et ses passés

Mars 2013- N° 10
Auteur : Nicolas Dot-Pouillard
Deux ans après le départ du président Ben Ali, la fissure entre l’idéal révolutionnaire et le désenchantement démocratique semble croissante. La révolution tunisienne a mis au jour trois césures fondamentales. La première est en un sens la fracture bourguibiste : tous les comptes ne sont pas soldés avec le passé. La seconde touche à la question religieuse et identitaire. L’arrivée d’Ennahda au pouvoir a réveillé des spectres enfouis. La dernière est enfin régionale et sociale.

Pour comprendre la crise syrienne : éclairages sur un Printemps qui dure

Février 2013- N° 9
Auteurs : Olivier Marty et Loïc Kervran
L’insurrection populaire qui a débuté en Syrie en mars 2011 aura marqué un tournant dans les Révolutions arabes. Premier Printemps à durer bien plus qu’une saison, cette insurrection a particulièrement mis en lumière les blocages de la communauté internationale et les complexités de la région.

Repenser l’Algérie dans l’histoire

Janvier 2013- N° 8
Auteurs : Gilbert Meynier et Tahar Khalfoune
Cet essai est le produit d’une réflexion partagée par les deux auteurs, nourrie par des années de recherche et d’échanges entre un historien spécialiste de l’Algérie et un juriste dont les grilles d’analyse reposent aussi sur une expérience de terrain.

Pour une autre lecture du Coran : les voix du verset

Janvier 2013- N° 7
Auteur : Abdellatif Idrissi
L’expression orale, entendue, relève d’un traitement différent de celui que nous appliquons au texte fixé par écrit sur un support visible. La parole, contrairement à l’écriture, ne se soumet pas à un schéma linéaire et visuel, comme ont tendance à le présenter la plupart des spécialistes des textes sacrés, et notamment ceux du Coran dans le monde arabo-musulman, traducteurs et chercheurs contemporains compris.

[TRIBUNE] La France doit être leader sur la reconnaissance de la Palestine

Monsieur le président de la République. L’Assemblée générale des Nations unies va se prononcer jeudi sur un projet de résolution permettant à la Palestine d’obtenir le statut d’Etat observateur. En choisissant cette option, les Palestiniens ne refusent pas la reprise des négociations que vous appelez de vos vœux. Alors qu’ils ont prouvé depuis dix-huit ans qu’ils veulent négocier et qu’ils sont prêts à recommencer vite, ils souhaitent avant tout s’abstraire des conditions du processus d’Oslo, qui ont surtout permis à Israël de renforcer son emprise sur le territoire de leur futur Etat. Il s’agit certes de négocier mais cette fois dans le cadre des principes du droit international. Leur reconnaissance en tant qu’Etat par l’ONU leur permettra de replacer le droit international au centre des discussions. Sans ce préalable, les négociations qui reprendraient auront le même destin que les précédentes : le renforcement de la position d’Israël, puissance militaire occupante au détriment de la population de Cisjordanie (dont Jérusalem-Est) et de Gaza, et surtout une menace pour la paix comme le prouvent les tragiques événements actuels.

Proche-Orient : illusoires négociations

L’idée, avancée par le président Hollande, de demander aux Israéliens et aux Palestiniens de reprendre des négociations directes sans conditions, semble a priori une proposition pertinente puisqu’elle implique la volonté de laisser aux parties en présence toute latitude pour régler un conflit qui les oppose depuis si longtemps. Le problème est que le rapport de forces inhérent à cette confrontation rend cette approche totalement illusoire.

Pour un féminisme méditerranéen

Novembre 2012- N° 6
Auteure : Fawzia Zouari
Contre une Méditerranée qui, depuis un demi- siècle, consacre les exclusions et les frontières, il apparaît essentiel aujourd’hui de faire entendre la voix des femmes. Face aux poussées insidieuses des nationalismes et des fondamentalismes, devant la perspective d’un monde rongé par les démons de l’argent et menacé par une mondialisation à grands pas, il s’avère indispensable de repenser l’héritage méditerranéen à travers des réponses féminines.

Sociétés arabes en mouvement : trois décennies de changements

Novembre 2012- N° 5
Auteure : Sylvia Chiffoleau
Les révolutions arabes ont propulsé sur le devant de la scène des sociétés effervescentes, inventives et plurielles. Cette irruption est venue contredire les images convenues, largement véhiculées par les médias, de sociétés monolithiques, « bloquées » par le poids des normes religieuses et de l’autoritarisme politique. Or, depuis trois décennies, les sociétés arabes sont au contraire travaillées par des changements profonds.

 

Pour le futur de la Méditerranée, l’agriculture

Octobre 2012- N° 4
Auteur : Sébastien Abis
Les révoltes qui secouent les pays arabes méditerranéens ne sont pas des émeutes de la faim. Néanmoins, les insécurités alimentaires et la fragilité des zones rurales constituent de puissants catalyseurs dans l’expression des revendications politiques en faveur d’une plus grande justice sociale et territoriale.

Une société en quête d’avenir : Égypte, an 2 de la révolution

Octobre 2012- N° 3
Auteur : Marc Lavergne
Le 25 janvier 2011, une partie de la jeunesse égyptienne se mobilise pour abattre le régime politique en place depuis plus d’un demi-siècle, à l’exemple de la révolution tunisienne démarrée un mois plus tôt. Au Caire comme à Tunis, ce soulèvement qui entraîne derrière lui de larges couches de la population urbaine est vite qualifié de révolution. Qu’en est-il réellement, que recouvre ce terme dont la sémantique varie selon les groupes qui s’en réclament ou qui s’y rallient de manière parfois opportuniste ?

L’émergence d’une nouvelle scène politique : Égypte, an 2 de la révolution

Octobre 2012- N° 2
Auteur : Marc Lavergne
Le cours des « révolutions arabes », après les premières heures glorieuses de la chute des dictateurs, au printemps 2011, déroute l’opinion occidentale. En égypte comme en Tunisie, la mouvance qui se réclame de l’islam politique, toutes tendances confondues, s’est vu confier les rênes du pouvoir.

La Syrie, un nouvel échec pour l’ONU ?

Ban Ki-moon était, la semaine dernière, le premier secrétaire général de l’ONU à se rendre à Srebrenica où en 1995 les troupes serbes de Bosnie ont massacré près de 8 000 hommes alors que le Conseil de sécurité en avait fait une zone de sécurité sous la protection de Casques bleus. Massacre qualifié de génocide par la justice pénale internationale… Cette visite a son importance, pour la mémoire des Bosniaques assassinés et leurs familles mais aussi pour les Nations unies qui viennent officiellement, par la voix de leur plus haut responsable, de reconnaître leur faute. Comme l’a dit Ban Ki-moon devant le parlement bosniaque : «Les Nations unies n’ont pas été à la hauteur de leurs responsabilités… La communauté internationale a échoué à empêcher le génocide de Srebrenica… qui résonne comme l’un des chapitres les plus noirs de l’histoire moderne.»

La France et l’opposition syrienne

Étrange et macabre arithmétique : les 108 morts de Houla semblent sortir la communauté internationale de sa torpeur alors qu’ils s’ajoutent à une série déjà tragique de milliers de personnes assassinées par le régime syrien, plus de 13 000 depuis le début de la révolte. On peut penser qu’il s’agit d’un tournant, peut-être décisif, dans cette guerre contre les civils, avant qu’elle ne bascule dans une guerre civile.

Pour une IIIe république libanaise. Étude critique pour une sortie de Taëf

Février 2012- N° 1
Auteur : Mounir Corm
« Le pacte de vie commune », « la patrie arabe » « le président maronite et le Premier ministre sunnite »… autant de morceaux choisis d’imprécisions et de vagues réminiscences d’un texte aussi peu lu qu’il est respecté par les gouvernants : la Constitution libanaise.

Palestine à l’UNESCO : le sens d’un choix

La Palestine vient d'être admise comme membre à part entière à l'UNESCO. C'est une victoire diplomatique importante pour l'Autorité palestinienne, sur les plans symbolique, politique et pratique. Symbolique, parce que, pour la première fois, les Palestiniens seront considérés dans une organisation internationale à l'égal de toutes les autres nations, comme s'ils avaient enfin leur État ; politique, parce qu'il s'agit d'une première étape qui en annonce d'autres sur le chemin de la reconnaissance internationale ; pratique, parce que ce nouveau statut au sein de l'UNESCO doit leur permettre de bénéficier des programmes et du soutien de cette organisation pour la préservation de leur riche patrimoine culturel.