Nelson Mandela de Palestine

Les chroniques d’Uri Avnery,22 avril 2017
J’AI une confession à faire : j’aime Marwan Barghouti. Je lui ai rendu visite à plusieurs reprises dans sa modeste maison de Ramallah. Pendant nos conversations, nous avons discuté de la paix israélo-palestinienne. Nous partagions les mêmes idées : créer l’État de Palestine à côté de l’État d’Israël, et établir la paix entre les deux États basée sur les lignes de 1967 (avec des ajustements mineurs), avec des frontières ouvertes et la coopération entre les deux. Ce n’était pas un accord secret : Barghouti a fait cette proposition à de nombreuses reprises, aussi bien en prison qu’en liberté.

La tunique de Nessus

Les chroniques d’Uri Avnery, 8 avril 2017
DANS QUELQUES semaines, Israël célébrera le 50e anniversaire de la Guerre des Six Jours. Des millions de mots, creux pour la plupart, seront déversés. Comme d’habitude. Mais l’événement mérite mieux. C’est un drame unique dans l’histoire de l’humanité. Seul un écrivain biblique pourrait lui rendre justice. William Shakespeare aurait pu s’y atteler. Je suppose que la plupart des lecteurs n’étaient pas encore de ce monde à l’époque, et certainement pas encore capables de comprendre ce qui se passait. CELA DÉMARRA le Jour de l’Indépendance, en 1967, la célébration annuelle de la fondation officielle de l’État d’Israël. Ce n’en était que le 19e anniversaire.

L’armée la plus morale

Les chroniques d’Uri Avnery, 18 mars 2017
IL y a quelques jours, je suis tombé sur un excellent film britannique, ‟Testament de jeunesse”, tiré des mémoires de Vera Brittain. Vera raconte son histoire, l’histoire d’une fille britannique qui avait grandi dans une famille bourgeoise à l’abri des soucis et des chagrins, lorsque la première guerre mondiale mit fin à ce paradis. Son frère, ses amis et son fiancé furent tués l’un après l’autre dans les terribles bourbiers de France. Elle s’engagea comme infirmière et s’occupa de centaines de blessés et de morts. La tendre fille de la campagne se mua en femme endurcie.

Peut-être le Messie viendra-t-il

Les chroniques d’Uri Avnery, 11 mars 2017
SI ON m’avait dit il y a 50 ans que les dirigeants d’Israël, de Jordanie et d’Égypte s’étaient rencontrés en secret pour faire la paix, j’aurais pensé que je rêvais. Si l’on m’avait dit que les dirigeants de l’Égypte et de la Jordanie avaient proposé à Israël une paix complète contre le retrait des territoires occupés, avec quelques échanges de territoires et un retour symbolique de réfugiés, j’aurais pensé que le Messie était venu. Je me serais mis à croire en Dieu ou Allah ou quiconque se trouve là-haut.

Les canons de Napoléon

Les chroniques d’Uri Avnery, 4 mars 2017
NAPOLÉON ENTRANT dans une ville d’Allemagne ne fut pas accueilli par la salve d’artillerie traditionnelle.  Furieux, il convoqua le maire pour lui demander des explications. L’Allemand présenta un long rouleau de papier et dit : ‟J’ai une liste de 99 raisons. Raison N° 1 : nous n’avons pas de canon.” ‟Ça suffit” l’arrêta Napoléon, ‟Vous pouvez rentrer chez vous !”. JE ME SUIS souvenu de cette histoire il a environ deux semaines, lorsque j’ai lu le plan de paix en 10 points de Yitzhak Herzog.

Les chroniques d’Uri Avnery

epuis plusieurs décennies, Uri Avnery écrit une chronique hebdomadaire en hébreu et en anglais diffusée sur le site de Gush Shalom qui en assure également la traduction et la publication en arabe et en russe. Elle est aussi traduite dans plusieurs pays : Allemagne, France, Angleterre, Espagne... Depuis l’année 2000, Sylviane de Wangen, membre du comité de rédaction de Confluences Méditerranée, assure les traductions en français de ces articles. À partir de début mars 2017, la traduction en français des chroniques hebdomadaires qu’Uri Avnery continue de produire est publiée sur le site de le revue de l’iReMMO, « Confluences Méditerranée ».