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« Liban : La frilosité dont fait preuve Paris est surprenante », tribune de l’iReMMO

16 décembre 2019

Tribune. La mobilisation populaire qui rassemble au Liban des centaines de milliers de personnes dans les rues depuis des semaines est d’une importance politique sans précédent. Il faut en comprendre le sens : c’est la remise en cause radicale d’un système communautaire complètement sclérosé qui étouffe le pays et son peuple depuis des décennies.

N’est-ce pas là pour la France une formidable occasion de repenser sa politique vis-à-vis du Moyen-Orient et de porter une voix en adéquation avec les revendications des manifestants ?

La réserve, voire la frilosité, dont fait preuve Paris face à ces événements majeurs est surprenante : les mots les plus utilisés dans les rues libanaises et aussi irakiennes sont « Etat laïque » et « fin du communautarisme », or, la France ne cesse de parler de laïcité et d’en défendre les principes. Elle a aujourd’hui une occasion historique de les soutenir au Moyen-Orient, non pas parce que l’idée nous plaît mais parce qu’elle émane des peuples qui ont trop souffert d’un système communautaire que nous appuyons depuis si longtemps.

Le soutien implicite que le gouvernement français accorde encore à Saad Hariri a été interprété dans le pays comme un appui réaffirmé à ce premier ministre démissionnaire alors qu’il est rejeté par les manifestants, tout comme l’ensemble de la classe politique.

Système à bout de souffle

Au lieu de s’accrocher à ce vieux système usé, à bout de souffle, qui a fait la preuve de sa dramatique incapacité à gérer le pays et surtout dont les populations ne veulent plus, que la France saisisse ce moment pour mettre en adéquation ses principes et sa politique, et qu’elle accompagne les revendications des jeunes qui s’expriment dans la rue.

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ÉDITO

ÉDITO

L’Iran face à ses crises: anatomie d’une rupture entre l’État et la société

Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran connaît une vague de contestation d’une ampleur et d’une intensité inédites. La révolte contre la vie chère a été, dès ses débuts, un soulèvement contre le pouvoir. Sous des mots d’ordre économiques se lisait déjà une contestation politique, tant la dégradation du quotidien est perçue comme le produit direct des choix du régime. La valeur du rial face au dollar dépend largement de l’état des relations avec les États-Unis, et donc des orientations stratégiques de la République islamique. Dès les premières heures, la mobilisation a dépassé la question du coût de la vie pour viser plus frontalement le régime lui-même.

Par Clément Therme, historien des relations internationales et membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

Vers un printemps démocratique arabe ?

Marie Dabrane, 26 janvier 2011
L’effondrement du régime de Zine El-Abidine Ben Ali, au terme de plus de 23 années d’un pouvoir sans partage, restera dans les annales comme l’un des bouleversements majeurs de l’histoire arabe récente. Et déjà, une même question brûle toutes les lèvres : la « Révolution de jasmin » entraînera-t-elle dans son sillage un « printemps démocratique arabe », de l’Afrique du Nord jusqu’au Golfe, en passant par le Moyen-Orient ? La chute brutale et inattendue du diktat de Tunis, considéré pourtant comme l’un des systèmes autoritaires les plus résilients dans la région, n’est pas sans susciter la peur de nombreuses capitales arabes, inquiètes que cette vague démocratique se propage à leurs sociétés, selon un « effet domino » comparable à celui qui avait précipité la fin de l’Union soviétique dans les années 1990.

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Lettre d’information de l’iReMMO