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«Syrie : l’Europe va devoir se mettre très vite d’accord…»

La prise de Damas par les rebelles syriens, principalement le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS), représente un nouvel espoir pour le peuple syrien. Contrairement à la Libye, où le régime de Kadhafi est tombé après une intervention étrangère, cette avancée est menée par des Syriens eux-mêmes, prolongeant la révolution entamée en 2011. Le chef de HTS, al-Jolani, s’est détaché d’Al-Qaïda et de Daech, conscient que leur présence nuisait à la cause de l’opposition. Son objectif reste la chute de Bachar al-Assad, et il a tenté de rassurer les minorités, notamment chrétiennes, en protégeant leurs lieux de culte dans les zones contrôlées.

Cependant, cette dynamique interne s’inscrit dans un contexte régional très instable : l’Irak est fragilisé, le Liban est en crise et la Turquie s’inquiète des ambitions kurdes. Bien que la Turquie puisse être perçue comme un acteur influent, la rébellion reste avant tout syrienne. L’Europe, divisée sur la question, doit rapidement définir une stratégie commune. Certains pays, comme l’Italie, renouent avec Damas, tandis que la France refuse toute normalisation avec le régime. Un soutien international encadré est crucial pour stabiliser la Syrie, éviter que les factions les plus radicales ne prennent le dessus et permettre le retour des réfugiés. Ce processus sera long et complexe, mais il est essentiel pour reconstruire le pays et offrir aux Syriens la possibilité de contribuer à son avenir.

Agnès Levallois, vice-présidente de l’iReMMO.

ÉDITO

ÉDITO

L’Iran face à ses crises: anatomie d’une rupture entre l’État et la société

Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran connaît une vague de contestation d’une ampleur et d’une intensité inédites. La révolte contre la vie chère a été, dès ses débuts, un soulèvement contre le pouvoir. Sous des mots d’ordre économiques se lisait déjà une contestation politique, tant la dégradation du quotidien est perçue comme le produit direct des choix du régime. La valeur du rial face au dollar dépend largement de l’état des relations avec les États-Unis, et donc des orientations stratégiques de la République islamique. Dès les premières heures, la mobilisation a dépassé la question du coût de la vie pour viser plus frontalement le régime lui-même.

Par Clément Therme, historien des relations internationales et membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

Révoltes arabes

Jean-Paul Chagnollaud, 1er juillet 2011
En quelques semaines, des leaders que la veille encore on pouvait croire inamovibles ont brutalement disparu de la scène politique au grand soulagement de leur peuple. Beaucoup ont alors espéré que cette vague de fond allait se propager dans tout le monde arabe avec des résultats similaires. Que le désormais fameux « dégage ! » allait être opérationnel du Maghreb au Machrek. Il a fallu bien vite se rendre à l’évidence. Si partout on a vu surgir ce même élan populaire, il ne pouvait pas avoir partout la même force ni le même ancrage. D’où aujourd’hui des situations très contrastées entre, par exemple, le Maroc où le roi vient de prononcer un discours annonçant une grande réforme constitutionnelle et la Syrie où Bachar el Assad paraît bien décidé à réprimer par la violence la plus extrême tous ceux qui osent le défier.

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Lettre d’information de l’iReMMO