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Israël-Iran: l’affrontement final?

Je crois d’abord qu’il n’y a pas de distinction dans l’esprit des dirigeants israéliens, pour ce qui se passe en Iran et ce qui se passe ailleurs. Je pense qu’ils ont une vue globale et moi ce qui me frappe beaucoup c’est qu’on a, au fond, tout ce qui pouvait être de l’ordre de la diplomatie, si on prend la chronologie immédiate, c’est-à-dire il y a quelques jours, il y avait quand même deux processus, un qui était à venir, New York, qui était une conférence importante sur la reconnaissance de l’État palestinien avec l’Arabie saoudite, et donc y avait quelque chose qui se passait et qui a été pulvérisé à ce jour. Et puis par ailleurs, il y avait encore une étape de négociation à Oman entre Américains et Iraniens. Netanyahou avait des difficultés majeures à l’intérieur même du pays puisque les partis ultra-orthodoxes avaient décidé de faire pression et il risquait une dissolution. J’ajouterais qu’en relations internationales, je ne crois pas aux coïncidences. L’ampleur de l’opération couvre tellement de risques qu’on peut espérer du moins que ce ne soit pas seulement un calcul de politique intérieure. Netanyahou a toujours eu cette menace implicite. C’était vraiment le mantra. C’est intéressant de de reprendre le long terme. D’abord, c’était il faut liquider la question palestinienne en faisant accord avec les pays arabes ou les accords d’Abraham par exemple. Évidemment, le moment venu, se débarrasser de toute menace venant de l’Iran, à commencer par le programme nucléaire. Mais ça c’est clair depuis très longtemps mais ça s’est passé juste la semaine dernière ça aurait pu se passer dans 15 jours ou 3 semaines et ce que je vois c’est que une fois encore les dimensions diplomatiques sont pulvérisées et à partir de là on n’a plus aucune visibilité car tout peut se passer dans les prochains jours.

Le fait qu’un État comme l’Iran puisse posséder l’arme nucléaire est inacceptable et ça serait tout à fait contraire au traité de non-prolifération des armes nucléaires. Mais bon, ce que je veux dire c’est que ce qui est intéressant, c’est le timing, car cette ce rapport à l’arme nucléaire, on le connaît depuis des années et ce rapport est particulièrement inquiétant. Juste un mot encore, on n’arrivera pas par des bombardements à supprimer ce programme nucléaire. Forcément, à un moment donné, il y a un débat politique ou diplomatique. Et puis il y a une autre hypothèse aussi, c’est que si ce régime ne tombe pas, eh bien, si j’étais iranien, je serais de plus en plus radical, si j’ose dire. Il pourrait y avoir une radicalité supplémentaire. Car avec une formule très, très cynique, on peut dire, le seul pays qu’on ne peut pas envahir, c’est celui qui dispose de l’arme nucléaire. Donc on joue sur un terrain extrêmement difficile.

Le régime de Téhéran paye ses ambiguïtés et paye ses provocations.

Pendant toute cette ambiguïté stratégique, finalement l’Iran n’a jamais décidé de sortir du TNP et donc elle a toujours été aux marges et là une des possibilités dans les temps qui viennent, c’est une sortie du TNP. Comme l’a fait la Corée du Nord il y a déjà bien du temps. Israël a l’arme nucléaire depuis une bonne cinquantaine d’années, mais il n’y a pas de problème de légalité d’armes nucléaires puisque Israël a refusé d’adhérer au TNP. Donc on est en pleine d’ambiguïté. Et aujourd’hui, le régime de Téhéran paye ses ambiguïtés et paye ses provocations. C’est-à-dire que si on se place sur un terrain juridique sur le plan du droit international, c’est l’idée de licéité du recours à la force. Et donc une guerre comme celle-ci, elle est illégale au regard du droit international. L’article 2, alinéa 4 est extrêmement clair là-dessus, on ne doit pas faire de guerre préventive. Alors après, aujourd’hui, tout ceci a volé en éclats. Les principes juridiques fondés en 1945 ne tiennent plus. Et c’est ça qui est terrible, parce qu’est-ce qu’il y a un juge qui pourrait dire oui ou non, est-ce que c’est légal ? Sinon ce sont des polémiques à n’en plus finir. La seule instance capable de faire ça, c’est le Conseil de sécurité. Le Conseil de sécurité aujourd’hui a disparu de quand il s’agit du véto américain. Donc le Conseil de sécurité a disparu et à partir de là tout est possible.

Jean-Paul Chagnollaud, président d’honneur de l’iReMMO.

ÉDITO

ÉDITO

Il n’y a pas de processus de paix à Gaza

La deuxième phase du plan Trump, inséré dans le droit international par la résolution 2803 du Conseil de sécurité du 17 novembre 2025, implique le désarmement du Hamas, un nouveau retrait de l’armée israélienne et l’arrivée d’une Force internationale de stabilisation (FIS). Et, plus tard, « …une fois que l’Autorité palestinienne aura scrupuleusement exécuter son  programme de réformes, les conditions seront alors peut-être réunies pour que s’ouvre un chemin crédible vers… la création d’un État palestinien. » L’idée serait donc d’avancer étape par étape pour aller « peut-être » un jour vers une solution politique. En fait, le scénario qui se met en place sur le terrain dévoile une réalité bien différente.

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

Chypre, victime de la spéculation financière

Christophe Chiclet, 26 juin 2012
Pour la première fois depuis sont entrée dans l’UE, Chypre va présider l’Union le 1er juillet 2012 pour six mois. Ainsi, de façon inédite, l’UE va être présidée par un communiste, Dimitri Christofias, l’actuel président au pouvoir depuis 2008, ayant été secrétaire-général de l’AKEL (Parti progressiste du peuple travailleur) de 1988 à 2008. Parallèlement, elle subit un contexte de tensions, tant sur le plan financier car elle est devenue la cible des fameuses agences de notations, que sur le plan géopolitique puisque la Turquie maintient des positions très dures à son égard en lui refusant l’accès des ports turcs ; et cela en contravention de l’accord d’union douanière qui oblige pourtant Ankara à consentir cela à tous les pays de l’Union européenne.

 

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Lettre d’information de l’iReMMO