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Le Proche-Orient est-il en train d’être redessiné ?

Le président états-unien Donald Trump a annoncé ce lundi 13 octobre «l’aube historique d’un nouveau Moyen-Orient». Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par la mise en œuvre de la première phase du plan de paix américain pour Gaza, mais aussi par des tensions persistantes et des dynamiques complexes sur le terrain.

Si la remise par le Hamas de vingt otages vivants est un signe positif, les violations du cessez-le-feu mettent en doute la stabilité de l’accord. Dans un contexte où le multilatéralisme traditionnel semble en retrait, le règlement du conflit repose sur la bonne foi des parties: un pari risqué au regard des enjeux internes et régionaux.
À Gaza, la situation reste instable. Le Hamas, affaibli par des mois de guerre, tente de reprendre la main face à des clans familiaux, certains armés et soutenus par Israël, qui se sont imposés comme nouvelles autorités locales pendant les affrontements. Ces rivalités ont donné lieu à des règlements de compte interpalestiniens, témoignant de la fragilité du pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza.

Le plan proposé par Donald Trump, présenté comme un accord de paix, reste flou sur de nombreux points essentiels. Pour l’instant, il ne s’agit que d’un cessez-le-feu et non d’un accord de paix durable. Cette phase délicate a vu le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou contraint de suspendre les opérations militaires sous la pression américaine, alors qu’il souhaitait poursuivre la guerre.
Pour la première fois depuis des années, la communauté internationale semble vouloir s’impliquer plus directement. Deux initiatives majeures émergent: la mise en place d’une force internationale de stabilisation, dont les contours restent à définir mais qui pourrait être mandatée par l’ONU, et l’idée d’une gouvernance internationale transitoire dans laquelle les Palestiniens auraient un rôle réel pour gérer la reconstruction de Gaza et encadrer la transition politique.

Une fracture importante subsiste entre la situation à Gaza, où s’applique le plan Trump à tonalité fortement économico-sécuritaire, et celle de la Cisjordanie, où la colonisation israélienne se poursuit sans frein. Cette dernière n’est pas évoquée dans le plan, ce qui alimente les critiques sur un projet déséquilibré, fondé sur des logiques de gestion plutôt que sur une vision réelle de paix.
En somme, le Proche-Orient est peut-être en train de se redessiner, mais rien ne garantit que ce soit vers une paix juste et durable. Le cessez-le-feu est précaire, les rapports de force internes palestiniens restent instables, et le plan Trump répond seulement partiellement aux causes profondes du conflit. La paix annoncée demeure donc pour l’instant un horizon lointain.

ÉDITO

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L’Iran face à ses crises: anatomie d’une rupture entre l’État et la société

Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran connaît une vague de contestation d’une ampleur et d’une intensité inédites. La révolte contre la vie chère a été, dès ses débuts, un soulèvement contre le pouvoir. Sous des mots d’ordre économiques se lisait déjà une contestation politique, tant la dégradation du quotidien est perçue comme le produit direct des choix du régime. La valeur du rial face au dollar dépend largement de l’état des relations avec les États-Unis, et donc des orientations stratégiques de la République islamique. Dès les premières heures, la mobilisation a dépassé la question du coût de la vie pour viser plus frontalement le régime lui-même.

Par Clément Therme, historien des relations internationales et membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

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“Un soutien politique contre Assad”

Burhan Ghalioun, 11 avril 2012
Interview de Burhan Ghalioun, président du Conseil national syrien qui s’oppose au régime. Il Manifesto du dimanche 25 mars PARIS. En Syrie, la féroce répression de la révolution continue, un an après les premières manifestations. Le Conseil national syrien évalue à 20.000 le nombre des victimes, morts et disparus, et chaque jour une autre centaine s’ajoute à la liste tragique. Le régime d’Assad veut faire la “terre brûlée” affirme Burhan Ghalioun, professeur de sociologie politique, responsable du centre d’études arabes de l’Université Sorbonne nouvelle, et depuis 2011, président du Conseil national syrien.

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Lettre d’information de l’iReMMO