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Arabie saoudite: puissance centrale sous pression

La visite du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane (MBS), au bureau ovale illustre la place centrale que l’Arabie saoudite occupe au Moyen-Orient et la complexité de ses relations avec les États-Unis. Après une période de brouille diplomatique, MBS s’est présenté à Washington avec une délégation de 1000 personnes, soulignant l’importance stratégique de ce déplacement pour consolider la sécurité du royaume et renforcer les alliances régionales.

Le royaume saoudien a besoin des États-Unis pour garantir la protection de son territoire, notamment après les attaques pétrolières menées par les Houthis en 2019, soutenus par l’Iran, auxquelles l’administration Trump n’était pas intervenue. Cette vulnérabilité, accentuée par la volatilité régionale, explique l’importance pour MBS de signer un pacte de défense renforcé avec Washington.

Parallèlement, les États-Unis entretiennent des relations étroites avec Riyad pour préserver la stabilité régionale et protéger leurs intérêts économiques. Les actions israéliennes, notamment les frappes contre le Qatar en juin 2025, ont accru les tensions dans le Golfe et révélé le rôle déstabilisateur d’Israël. Ces incidents sont pris en compte par Washington dans l’élaboration de ses stratégies et dans la gestion des garanties militaires et diplomatiques pour les pays du Golfe.

Les négociations autour des Accords d’Abraham mettent également en lumière la complexité de la situation. MBS doit composer avec une opinion publique saoudienne très sensible à la question palestinienne, ce qui retarde l’intégration complète du royaume aux accords. La question de l’annexion de la Cisjordanie reste centrale, et MBS ne peut imposer totalement ses positions, bien que son poids régional lui permette d’influencer certaines décisions et d’obtenir des garanties pour la Palestine.
L’Arabie saoudite joue aujourd’hui un rôle stratégique sur plusieurs fronts : elle facilite la reprise des relations entre Washington et le nouveau gouvernement syrien, contribue à la reconstruction de Gaza et de la Syrie, et parvient à intégrer la question palestinienne dans les résolutions régionales. Sa position centrale est renforcée par son soft power, exercé à l’international, malgré les controverses comme l’affaire Khashoggi.

Sur le plan économique, le royaume doit ajuster ses ambitions à la baisse en raison de la chute des prix du pétrole et de l’incertitude des investisseurs. Le Plan 2030 et la Coupe du Monde restent des priorités, mais certains projets sont gelés ou réévalués. Riyad cherche également à devenir une plateforme mondiale pour l’IA et les technologies de pointe, tout en restant dépendante de Washington, qui peut orienter ses choix d’approvisionnement pour protéger ses intérêts stratégiques.

Cette visite au bureau ovale confirme donc la centralité de MBS dans la région : il est à la fois un acteur influent capable de peser sur les décisions régionales, un partenaire stratégique indispensable pour les États-Unis, et un gestionnaire des tensions avec Israël et les autres acteurs du Moyen-Orient, dans un contexte où sa capacité à maintenir l’équilibre entre influence et sécurité demeure cruciale.

ÉDITO

ÉDITO

L’Iran face à ses crises: anatomie d’une rupture entre l’État et la société

Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran connaît une vague de contestation d’une ampleur et d’une intensité inédites. La révolte contre la vie chère a été, dès ses débuts, un soulèvement contre le pouvoir. Sous des mots d’ordre économiques se lisait déjà une contestation politique, tant la dégradation du quotidien est perçue comme le produit direct des choix du régime. La valeur du rial face au dollar dépend largement de l’état des relations avec les États-Unis, et donc des orientations stratégiques de la République islamique. Dès les premières heures, la mobilisation a dépassé la question du coût de la vie pour viser plus frontalement le régime lui-même.

Par Clément Therme, historien des relations internationales et membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

Le role d’Internet dans les élections de la constituante tunisienne

Araoud Afifa, 15 novembre 2012
Les Tunisiens ont vécu 23 ans sous la dictature de Ben Ali durant lesquels ils étaient en situation de rupture totale avec la scène politique, celle-ci étant monopolisée par le pouvoir totalitaire et le discours unique du régime révolu. Ceci a entraîné un désengagement total de la vie politique, la population étant contrainte à un suivisme obligé mettant en cause les fondamentaux de l’exercice politique. Après la chute de l’ancien régime, des bouleversements sans précédant sont survenus sur la scène politique tunisienne. A la suite d’une brève présentation du nouveau paysage politique tunisien, cet article a pour objet d’évaluer le rôle joué par Internet dans le premier scrutin libre et démocratique de l’histoire de la Tunisie.

 

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Lettre d’information de l’iReMMO