Après près de vingt ans au pouvoir, le Hamas annonce la dissolution de ses instances dirigeantes à Gaza, ouvrant la voie à une administration technocratique palestinienne. Une décision présentée comme un geste pour tenter de débloquer le plan porté par les États-Unis.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte de négociations intenses, notamment sous l’égide de l’Égypte. Mais derrière ce tournant, de nombreuses incertitudes demeurent : la mise en place effective d’une nouvelle gouvernance dépend notamment d’Israël, qui contrôle toujours largement le territoire et dont les actions sur le terrain ne respectent pas les engagements prévus par le plan de paix.
Sur le fond, le geste du Hamas ne règle pas les principaux points de blocage, à commencer par la question du désarmement. Il apparaît aussi comme une tentative de rééquilibrer un rapport de force aujourd’hui largement dominé par Israël, qui affiche sa volonté de maintenir une présence durable à Gaza.
Dans le même temps, la situation humanitaire reste dramatique, marquée par des conditions de vie indignes et un accès extrêmement limité aux ressources de base, dans un contexte où les restrictions imposées par Israël sur l’aide humanitaire aggravent encore la crise.
Intervention de Jean-Paul Chagnollaud.