Ali Bensaâd
Ali Bensaâd est géographe, professeur à l’Institut français de géopolitique (IFG) de l’Université Paris 8. Spécialiste du Maghreb, du Sahara et de la Libye, ses recherches portent notamment sur les dynamiques territoriales et politiques de l’Afrique du Nord, les migrations transsahariennes et subsahariennes, les frontières, les mobilités ainsi que les transformations géopolitiques des espaces sahariens.
Géographe spécialiste du Maghreb et du Sahara, Ali Bensaâd développe une approche attentive aux transformations territoriales, sociales et politiques qui traversent l’Afrique du Nord. Ses travaux interrogent notamment la place du Sahara dans les dynamiques régionales et internationales ainsi que les circulations qui relient le Maghreb, l’Afrique subsaharienne et l’Europe.
Docteur en géographie, Ali Bensaâd a soutenu en 1999 à l’Université Aix-Marseille 1 une thèse consacrée aux bilans hydriques et aux domaines bioclimatiques dans l’Est algérien. Ses premières recherches portent ainsi sur les questions environnementales, les ressources en eau et les transformations des espaces sahariens.
Son parcours scientifique l’a ensuite conduit à élargir ses recherches aux mobilités, aux migrations et aux recompositions géopolitiques du Sahara. Il a été enseignant-chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans (IREMAM) et a également travaillé à l’Institut d’ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative (IDEMEC), à l’École française de Rome et au Centre Jacques Berque au Maroc.
Il est aujourd’hui professeur à l’Institut français de géopolitique de l’Université Paris 8, où il poursuit ses recherches sur le Maghreb, la Libye, les espaces sahariens, les frontières et les migrations.
Les recherches d’Ali Bensaâd se situent au croisement de plusieurs champs : la géographie politique, la géopolitique du Maghreb et du Sahara, les migrations internationales, les frontières, les transformations territoriales et les recompositions politiques de l’Afrique du Nord.
Une place centrale dans ses travaux est accordée au Sahara. Ali Bensaâd analyse cet espace non comme une périphérie isolée, mais comme un territoire de circulation et d’échanges situé au cœur des relations entre Afrique du Nord, Afrique subsaharienne et Europe.
Ses recherches sur les migrations ont notamment contribué à mettre en évidence la transformation progressive des pays du Maghreb, traditionnellement considérés comme des espaces d’émigration, en territoires de transit, d’installation et d’immigration pour des populations originaires d’Afrique subsaharienne.
Il étudie également les effets des politiques migratoires européennes sur les pays du Maghreb et du Sahara, notamment les processus d’externalisation des contrôles migratoires et leurs conséquences sur les routes, les territoires et les populations migrantes.
La Libye constitue un autre axe majeur de ses recherches. Ali Bensaâd analyse les transformations politiques, sociales et territoriales du pays, les conséquences de la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 ainsi que les conflits et les recompositions du pouvoir qui ont marqué la période postrévolutionnaire.
Ses travaux accordent notamment une attention particulière au Sud libyen et au Fezzan, espace stratégique dans lequel se croisent dynamiques locales, rivalités politiques nationales, circulations transfrontalières, migrations et trafics. Cette approche permet de comprendre la crise libyenne au-delà des seuls affrontements entre les principaux centres de pouvoir du nord du pays.
Publications et travaux d’Ali Bensaâd
Ali Bensaâd est l’auteur et le directeur de nombreux travaux consacrés au Maghreb, au Sahara, à la Libye, aux migrations et aux transformations territoriales de l’Afrique du Nord.
Ses recherches cherchent notamment à dépasser les représentations du Sahara comme espace vide ou périphérique en mettant en évidence son rôle de carrefour dans les échanges économiques, humains et politiques entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne.
En 2005, il dirige l’ouvrage Marges et mondialisation : les migrations transsahariennes, consacré aux nouvelles mobilités qui traversent le Sahara et aux transformations sociales et territoriales qu’elles entraînent.
Il dirige également Le Maghreb à l’épreuve des migrations subsahariennes. Immigration sur émigration, ouvrage qui analyse l’émergence de l’immigration subsaharienne dans des pays historiquement marqués par l’émigration et les conséquences de cette évolution sur les sociétés maghrébines.
Ali Bensaâd a par ailleurs dirigé L’eau et ses enjeux au Sahara, consacré aux relations entre ressources hydriques, développement, sociétés locales et transformations territoriales dans les espaces sahariens.
En 2011, il coordonne le numéro de la revue Méditerranée intitulé Le Maghreb dans la mondialisation : subalternité et fragmentation territoriale, qui analyse les transformations économiques et territoriales de l’espace maghrébin dans le contexte de la mondialisation.
En 2012, il dirige le dossier La Libye révolutionnaire de la revue Politique africaine, consacré aux transformations du pays après la chute du régime de Mouammar Kadhafi.
En 2020, il publie Libye chez De Boeck Supérieur. Cet ouvrage propose une analyse géographique et géopolitique de la société libyenne, de la construction de l’État, du régime de Kadhafi, de la révolution de 2011 et des fragmentations politiques et territoriales qui lui ont succédé.
Ses travaux plus récents portent également sur les transformations politiques de l’Algérie et sur le Hirak. Il s’est notamment intéressé aux dynamiques territoriales de la contestation et à la manière dont le mouvement de 2019 a émergé et s’est diffusé dans des espaces auparavant considérés comme favorables au régime.
Il est également l’auteur de nombreux articles scientifiques et contributions consacrés à la Libye, au Fezzan, au Sahara, aux migrations subsahariennes, aux frontières et aux transformations politiques et territoriales du Maghreb.
À travers ses publications, ses enseignements et ses interventions publiques, Ali Bensaâd contribue ainsi à une meilleure compréhension des dynamiques géopolitiques du Maghreb et des relations entre territoires, mobilités, migrations et transformations politiques.
Ali Bensaâd et l’iReMMO
Ali Bensaâd intervient régulièrement à l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO) dans le cadre de formations, rencontres et débats consacrés au Maghreb, à la Libye, au Sahara et aux migrations.
Son expertise est notamment mobilisée pour analyser les enjeux politiques et économiques de la Libye, les migrations au Maghreb et les transformations géopolitiques des espaces sahariens.
Ali Bensaâd est intervenu à plusieurs reprises à l’iReMMO sur la situation libyenne. En 2015, il participe notamment à la rencontre Libye : de la révolution au chaos, consacrée aux transformations politiques et sécuritaires du pays après la chute du régime de Mouammar Kadhafi.
Il intervient également dans des formations consacrées au conflit libyen, permettant d’analyser les rivalités entre les différents acteurs politiques et militaires, les fragmentations territoriales du pays ainsi que le rôle particulier du Sud libyen dans les rapports de forces nationaux et régionaux.
Les migrations constituent un autre thème important de ses interventions à l’iReMMO. Ses travaux permettent notamment d’analyser la transformation du Maghreb en espace de départ, de transit et d’installation des populations migrantes ainsi que les conséquences des politiques migratoires européennes sur les sociétés nord-africaines.
En septembre 2025, il participe au Grand format de l’iReMMO Le Maghreb, terre de départs, de transit et de retours? dans le cadre d’une table ronde consacrée aux politiques à l’égard des migrations subsahariennes au Maghreb.
Ali Bensaâd intervient également dans le séminaire Géopolitique du Maghreb de l’iReMMO. Pour l’année 2026-2027, il assure une séance consacrée aux enjeux politiques et économiques en Libye, apportant son expertise sur les rapports de forces, les fragmentations territoriales et les transformations économiques et sociales du pays.
À travers ses recherches et ses interventions à l’iReMMO, Ali Bensaâd apporte ainsi un éclairage géographique et géopolitique sur les transformations du Maghreb, en mettant particulièrement en évidence les relations entre territoires, frontières, migrations et dynamiques politiques.
Retrouvez sur le site de l’iReMMO les formations, conférences, publications et interventions d’Ali Bensaâd consacrées à la Libye, au Maghreb, au Sahara, aux migrations, aux frontières et aux transformations géopolitiques de l’Afrique du Nord.
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ÉDITO
ÉDITO
Loi Yadan: «Critiquer le sionisme marque un attachement à la vie et à la paix juste»
La proposition de loi Yadan visant à réprimer «les nouvelles formes d’antisémitisme» sera débattue le jeudi 16 avril 2026 par les députés. L’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme. Comme tout nationalisme, le sionisme, contesté depuis l’origine, y compris par des Juifs, ne peut conduire qu’à des drames.
Par Pierre Blanc, rédacteur en chef de Confluences Méditerranée
LES ANALYSES DE CONFLUENCES
LES ANALYSES DE CONFLUENCES
Palestine – 60 ans après – le droit au retour des réfugiés
Sylviane de Wangen, 21 mars 2008
La question des réfugiés palestiniens, qui est posée depuis 60 ans, concerne l’ensemble de la communauté internationale, non seulement parce qu’elle a donné lieu à des dizaines de résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU, mais parce qu’elle fut la conséquence d’une décision de l’ONU de partager la Palestine en deux et un des trois points de la solution du conflit que ce partage a engendré (avec celui des frontières de l’Etat dans la lignes d’avant la guerre de 1967 et celui du partage de la souveraineté sur Jérusalem). Et, d’une certaine façon, elle a un rapport avec la paix dans le monde. Aujourd’hui, le « droit au retour » des réfugiés palestiniens est une question devenue d’une grande complexité.