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Jeux de pouvoirs au Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie)

N°114 – Automne 2020

Dirigé par Haoues Séniguer.
Le Maroc, l’Algérie et la Tunisie ne sont certainement pas des sociétés figées, condamnées en quelque sorte définitivement aux conservatismes de toutes sortes. La forme et la nature des États ne disent pas tout des sociétés sur lesquelles s’exercent leurs pouvoirs. Cette image d’Épinal (la passivité ou résignation supposée des Arabes face à la tyrannie du Prince) a été sérieusement battue en brèche, sans disparaître complètement, depuis la période révolutionnaire de 2010-2011. Ces sociétés, aux histoires multiples, aussi proches que lointaines les unes des autres, sont au contraire marquées par une profonde vitalité sociale, culturelle et intellectuelle, des aspirations à la liberté et à la justice sociale constantes, en dépit des nombreuses vicissitudes et incertitudes politico-économiques qui les affectent. En effet, elles connaissent toutes, sous des formes diverses, des spasmes, heureux ou plus malheureux, dans des régimes qui oscillent entre dispositifs institutionnels semi-autoritaires/semi-démocratiques, réflexes néo-autoritaristes (Maroc et Algérie), percées ou lueurs démocratiques (Maroc et Algérie), et solidification d’institutions démocratiquement élues comme en Tunisie.

Plutôt que de chercher à embrasser, vainement, l’ensemble des dynamiques à l’œuvre dans ces trois pays majeurs du Maghreb, cet ouvrage essaie, plus modestement, de mettre au jour les jeux de pouvoir, civils, politiques, sécuritaires et économiques, qui s’y donnent à voir, en en soulignant le caractère relationnel et ambivalent, autrement dit, aussi bien dialectique que contradictoire. 

 

Dossier : 

Haoues Seniguer, Jeux de pouvoirs au Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie)

Flavien Bourrat, Les services de renseignement au Maghreb : un processus de normalisation complexe et inachevé

Mohamed Chérif Ferjani, Égalité en héritage et rapport entre État et religion selon le président tunisien Kaïs Saied. Au sujet de son discours du 13 août 2020

Najib Akesbi, Un « modèle » en crise face à « la crise ». La pandémie de la Covid-19, un moment de vérité pour le pouvoir

Aziz Chahir, Les islamistes au pouvoir à l’épreuve des libertés individuelles au Maroc

Théo Blanc, Retour critique et perspectives futures quatre ans après la « spécialisation » d’Ennahdha

Badr Karkbi, La question laïque au Maroc : religion majoritaire, revendications minoritaires

Nadji Safir, L’Algérie à l’heure du Hirak : quand le pouvoir rentier s’effrite

Rachid El Bazzim, Les enjeux de la libéralisation et les autorités de régulation économique au Maroc

Nora Gueliane, Pouvoir et minorités : dualité institutions traditionnelles et institutions de l’État à Aylan (Algérie)

Ratiba Hadj-Moussa et Mohand Tilmatine, Minorités et politique de la reconnaissance en Algérie. La Kabylie et le Mzab

Sara Mejdoubi, Le pouvoir de l’allégeance au Maroc :  rhétorique d’un rituel politique

Hayette Rouibah, Le rôle du Hirak à l’étranger : une renaissance de la diaspora algérienne ?

Soraya Laribi, Les mobilisations des associations de familles et proches des disparus de la décennie noire en Algérie

Variations : 

Françoise Clément, Mobilisations ouvrières et syndicalisme indépendant en Égypte après le soulèvement de 2011

Jean-François Coustillière, Quel monde d’après pour l’Union européenne ?

Disponible sur Cairn.info

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