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De Gaza à la Cisjordanie, la survie

Alors que se poursuivent, à Doha, les négociations en faveur d’un cessez-le-feu, les Palestiniens peinent toujours à survivre sous les ruines de la guerre. Que reste-t-il de la société palestinienne aujourd’hui ?

Suspension de l’aide humanitaire par l’ONU
Lundi, l’ONU a suspendu ses opérations à Gaza à la suite d’un ordre d’évacuation israélien à Deir al-Balah. Depuis octobre 2023, l’armée israélienne pousse la population vers le sud, mais sans offrir de réelle sécurité ni d’accès à l’aide humanitaire. Ce cycle perpétuel vise à faire pression sur le Hamas, mais en réalité, il aggrave la situation des civils, les exposant à des bombardements et à des conditions de vie terribles, avec des risques accrus de malnutrition et de maladies comme la poliomyélite. Interrogé sur l’éventuelle autorisation d’Israël pour l’entrée de vaccins contre la polio, Jean Paul Chagnollaud souligne l’absurdité de la situation : un acteur extérieur – Israël – doit décider de la survie d’une population. Cela va à l’encontre des principes fondamentaux de la Convention de Genève sur la protection des civils en territoire occupé.

Déplacements de population à Gaza et nombre de victimes
Près de 80 à 90 % de la population de Gaza a été déplacée, souvent plusieurs fois. Les chiffres officiels parlent de plus de 40 000 morts, mais ils sont probablement sous-estimés car de nombreuses victimes, ensevelies sous les décombres, ne sont pas comptabilisées. Remettre en question ces chiffres est indécent, vu l’ampleur des bombardements et des souffrances infligées aux civils.

Situation en Cisjordanie
La Cisjordanie subit des incursions régulières de l’armée israélienne. Depuis le début de la guerre, 630 Palestiniens y ont été tués. La distinction entre les actes de résistance et ceux qualifiés de terroristes est essentielle, car beaucoup de jeunes Palestiniens se battent contre une armée d’occupation.

Rôle de Mahmoud Abbas et possibilité de réconciliation palestinienne
Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, est largement discrédité, notamment auprès de la jeunesse. Abbas n’a pas réussi à répondre aux attentes face à la violence israélienne, et le Hamas gagne en popularité, y compris en Cisjordanie. Ça peut paraitre invraisemblable mais c’est pourtant la réalité : la lutte armée est de nouveau perçue comme un moyen de se défendre. Il y a deux aspects à distinguer : d’une part, l’accord entre les factions palestiniennes, et d’autre part, la question des élections. Concernant le premier point, il est vrai qu’ils sont aujourd’hui incapables de parvenir à un accord. Cela fait plus de dix ans qu’ils essaient, notamment depuis le fameux document des prisonniers de 2006, initié par Marwan Barghouti, mais sans succès. Cette incapacité, cette division profonde, les empêche d’agir efficacement. En ce qui concerne les élections, même si elles devaient avoir lieu dans les territoires occupés, Israël pourrait évidemment les empêcher. Mais sur le premier point, les Palestiniens pourraient jouer un rôle historique en formant un gouvernement d’union nationale. Toutefois, cela reste pour l’instant purement théorique, car jusqu’à présent, ils n’ont pas réussi à le faire.

Perception entre Israéliens et Palestiniens
En Israël, le traumatisme du 7 octobre a renforcé l’indifférence à la souffrance palestinienne. De l’autre côté, les Palestiniens sont également enfermés dans une logique de force. Cette spirale de violence est alimentée par des mémoires traumatisantes qui se transmettent de génération en génération. Les deux camps sont submergés par leurs propres passions et émotions.

Jean-Paul Chagnollaud, président de l’iReMMO.

ÉDITO

ÉDITO

Loi Yadan: «Critiquer le sionisme marque un attachement à la vie et à la paix juste»

La proposition de loi Yadan visant à réprimer «les nouvelles formes d’antisémitisme» sera débattue le jeudi 16 avril 2026 par les députés. L’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme. Comme tout nationalisme, le sionisme, contesté depuis l’origine, y compris par des Juifs, ne peut conduire qu’à des drames.

Par Pierre Blanc, rédacteur en chef de Confluences Méditerranée

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

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De la Tunisie vers l’Egypte, la Jordanie ou la Syrie ? La perspective d’une « contagion » révèle le lien arabe mais ne saurait masquer les différences. (Entretien original)

Pierre Blanc, 29 janvier 2011
Un entretien avec Pierre Blanc. Rédacteur en chef de « Confluences Méditerranée » et enseignant-chercheur en géopolitique. « Contagion », voilà le mot clé répété de toutes parts à propos de la révolution tunisienne. Une idée qui révèle en partie notre vision d’un Monde Arabe qui serait uniforme. Interrogé « à chaud » par la Mission Agrobiosciences, le rédacteur en chef de la revue « Confluences Méditerranée », Pierre Blanc, relève effectivement la force du lien arabe, une grande connexion des populations par le biais médiatique et la force d’entraînement des réseaux sociaux ainsi qu’une similitude de difficultés. Mais l’idée univoque d’un effet de « contagion » de la révolution tunisienne à tout le Maghreb et au Proche Orient ne saurait masquer les différences d’un espace national à l’autre.

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Lettre d’information de l’iReMMO