Une tragédie dure depuis des années et qui dure depuis le 7 octobre 2023 et semble avoir atteint un point de non retour dans la violence infligée à des milliers de civils par une armée réputée la plus morale au monde. Une violence commandée par un gouvernement d’extrême droite suprémaciste qui semble se saisir de l’attaque terroriste du 7 octobre pour mettre, en toute impunité, la dernière touche à ce que l’historien israélien Ilan Pappé désignait en 2006 déjà, comme un nettoyage ethnique de la Palestine dans un livre publié puis éclipsé par les éditions Fayard et publié par les éditions de La Fabrique.
730 Palestiniens ont été tués dans Gaza dévastée depuis la rupture du cessez-le-feu par les Israéliens le 18 mars. Des chiffres jugés fiables par l’ONU qui dénombre 50082 victimes, depuis le début de l’offensive israélienne. Sans doute beaucoup plus si on ajoute les nombreux disparus sous les décombres. Des victimes sans visages et sans noms. A cela s’ajoutent des crimes contre l’humanité perpétrés dans un silence assourdissant lié à l’interdiction de toute couverture des évènements par la presse étrangère et à l’omerta qui pèse en France sur ces évènements que l’on ne saurait ni voir ni nommer ni laisser nommer.
En toile de fond : la montée de l’extrême droite en Europe, l’élection aux Etats-Unis d’un supporter inconditionnel du gouvernement israélien, Trump, soutenu par des évangéliques convaincus, selon leur compréhension millénariste de la Bible, que le Christ est sur le point de revenir en terre sainte. Assiste-t-on à une alliance d’une espèce d’international d’extrême droite qui verrait cette idéologie absoute de toute forme d’antisémitisme dès lors qu’elle soutient un sionisme guerrier et impérialiste ? C’est ce que peut laisser penser la présence de Jordan Bardella et Marion Maréchal le Pen en Israël pour rendre hommage aux victimes du 7 octobre et de la Shoah que leur mentor qualifiait hier de « détail de l’histoire ».
Alors que les Palestiniens de Gaza mais aussi de Cisjordanie subissent au quotidien des agressions d’une rare violence, en témoigne celle de Hamdan Ballal, co-réalisateur du documentaire oscarisé du documentaire No other Land, attaqué et battu par des colons et des soldats, que peut encore le droit international ? Que fait l’Europe ? Que font les pays arabes ?
On retrouve sur le territoire de la bande de Gaza toutes les atteintes possibles aux droits humains dans de différents domaines. Il faut saluer le travail incroyable des journalistes palestiniens de la bande Gaza qui grâce à eux on arrive à avoir un grand nombre d’informations. Les deux derniers assassinats de journalistes Gazaouis est absolument terrible et on voit bien qu’il s’agit à Israël d’empêcher de récupérer des preuves et de dire ce qui se passe à la bande de Gaza. D’où cet ordre d’empêcher les journalistes de rentrer et d’empêcher ceux sur place de faire leur travail. J’entends dire qu’il n’ y a pas des journalistes à Gaza, si et font leur travail au prix de leur vie. Ce bilan de pratiquement 200 journalistes tués, est le plus fort ratio au monde dans un conflit. Pour Israël, c’est une façon en permanence de dire qu’un journaliste palestinien n’est pas crédible car il est partie prenante et alors ce qu’il raconte et biaisé. Cette analyse est fausse et même très grave car elle remet en cause le travail de ces journalistes.
Tous les droits humains sont visés et remis en question par la stratégie d’Israël qui est de rendre ce territoire invivable par tous les moyens pour pousser les Palestiniens à demander à partir. Pour atteindre cet objectif, tout l’arsenal de moyens à disposition qui consiste à tuer les civils, des enfants en particulier, toutes les installations infrastructures de santé sont visées, à part des 50 000 morts qui ont été recensé par les autorités sur place, mais beaucoup plus comme un certain nombre de morts pour des fautes de soin ou de traitement, des maladies chroniques, paralysées, estropiées et qui vivent dans des conditions plus que indécentes.
En Gaza et en Cisjordanie, quand les Palestiniens sont arrêtés par Israël, on voit bien qu’il n’ y a aucun respect d’aucune règle du droit de la guerre que toute armée se doit de respecter. Dans ce conflit, le droit humanitaire international n’est pas plus respecté et les mauvais traitements infligés aux prisonniers palestiniens sont terribles, la plupart d’entre eux n’a pas accès à un procès sous le système de détention administrative. On est donc depuis des mois dans une situation de non-droit absolu et tout ça au nom de la sécurité d’Israël.
Nous n’avons jamais vu une telle violence en Cisjordanie occupée de la part des colons soutenus par l’armée car ils ont leurs représentants au gouvernement. Tout le monde est menacé, quiconque ose mener une action ou s’interposer face à cette violence menée par Israël, est certainement considéré comme ennemi et à ce titre, doit être empêché de faire ce travail. La famine est également une arme de guerre dans ce conflit quand depuis quelques mois les images diffusées ont montré les rassemblements de colons regroupés empêchant les camions d’aides humanitaires de rentrer dans la bande de Gaza. Israël remet même en question non seulement les ONG mais aussi les agences de l’ONU. Le nombre d’étapes qu’on a franchit jusqu’à ce qu’Israël considère le représentant général de l’ONU « persona non grata ».
Agnès Levallois, vice- présidente de l’iReMMO.