Home » Dans les médias » Israël-Iran: après le cessez-le-feu, quelles répercussions à Gaza?

Israël-Iran: après le cessez-le-feu, quelles répercussions à Gaza?

Suite à l’annonce d’un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran, les familles des otages espèrent désormais que le gouvernement israélien va obtenir leur libération. Avec la guerre en Iran, les responsables du mouvement islamiste palestinien seront-ils plus enclins à négocier un cessez-le-feu et à des échanges de prisonnier ?

Israël a dit reprendre la lutte contre le Hamas, mais c’est une impasse. Le Hamas n’étant plus une menace pour Israël, cela revient en fait à continuer à écraser la population pour la pousser à quitter la bande de Gaza. N’oublions pas qu’un processus de cessez-le-feu avait été mis en place en janvier avant d’être balayé d’un revers de la main par Benyamin Netanyahou au mois de mars. Maintenant, la vraie question est de savoir si la communauté internationale va intervenir pour mettre un terme au conflit.

Avec la guerre en Iran, il est évident qu’Israël est en position de force. Et par conséquent, ce qui se passe de manière tout à fait dramatique dans la bande de Gaza risque encore de s’aggraver. Mais aujourd’hui, ce n’est plus une guerre mais un nettoyage ethnique déjà très avancé, notamment avec la concentration de la population de Gaza près d’Al-Mawasi (sud) et l’instrumentalisation de l’aide alimentaire par l’armée israélienne, avec des dizaines de civils tués chaque jour, souvent par des snipers. 

Une conférence devait se tenir la semaine dernière au siège des Nations Unies à New York pour discuter de la solution dite à deux États. Cependant, la réunion a dû être annulée en raison de l’offensive menée par Israël contre l’Iran. Ces discussions ont-elles encore une chance d’aboutir ?

La conférence des Nations unies à New York, portée par la France et l’Arabie Saoudite, avait également pour objectif de proposer un chemin pour régler le conflit israélo-palestinien. À l’heure actuelle, c’est la seule initiative politique qui a du sens. Emmanuel Macron l’a différé pour les raisons qu’on connait et qui ne sont pas le fait du hasard. Car il est clair que Benyamin Netanyahou a voulu pulvériser ces négociations, tout comme celles qui étaient prévues à Oman sur le programme nucléaire iranien. D’après mes informations, cette conférence pourrait avoir lieu en juillet prochain. Mais il y a tellement de paramètres à maîtriser que rien n’est certain. 

Selon vous, une issue diplomatique au conflit israélo-palestinien est-elle encore possible ?

Toute la communauté internationale est favorable à un cessez-le-feu, mais la coalition au pouvoir en Israël n’en veut pas. Le chef du gouvernement israélien va être contraint un jour ou l’autre de le faire. Mais  pour cela, il faut mettre à nouveau la pression sur Benyamin Nétanyahou. L’Europe, la France et surtout l’Arabie Saoudite, qui a un rôle majeur dans la région, peuvent agir, mais, en dernière instance, la décision est à Washington. Après cet indispensable cessez-le-feu, il faudrait enclencher un processus diplomatique, comme le prévoyaient les résolutions des Nations unies, notamment celle du 10 juin 2024.

La deuxième phase du plan prévu par cette résolution aurait d’ailleurs dû s’ouvrir en mars dernier et impliquait, entre autres, la libération des otages, le retrait total de l’armée israélienne de Gaza, puis, à terme, la reconstruction de la région. Mais, pour le moment, le conseil de sécurité de l’ONU est aphone, tandis que les Européens sont dans un attentisme, puisqu’ils ont reporté les discussions sur les éventuelles sanctions contre Israël. La solution, une fois encore, est à Washington. Et aujourd’hui, la clé pour sortir de ce conflit est entre les mains d’un personnage pour le moins imprévisible.

Israël a imposé aux yeux du monde sa puissance et a rétabli sa dissuasion abîmée par l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023(nouvelle fenêtre). De quoi instaurer un nouveau rapport de force dans la région et pour longtemps ?

Qu’il y ait un nouveau rapport de force au sens militaire du terme, c’est incontestable. Le fameux axe de la résistance(nouvelle fenêtre), comme on l’appelait, s’est écroulé. Aujourd’hui, l’Iran est affaibli et ses alliés sont à terre. À partir de là, deux voies sont possibles : soit on reste dans la logique d’une hégémonie uniquement fondée sur la puissance militaire, soit on essaie de vraiment pacifier la région à travers des compromis politiques négociés. Ce qui veut dire, concrètement, qu’on reprendrait les négociations avec l’Iran et qu’on rechercherait un accord pour qu’il y ait à terme un Etat palestinien. Si on en reste à la destruction par le militaire, on n’aboutit à rien.

Les États-Unis ont gagné, parait-il, la guerre en Irak en 2003. Vingt ans plus tard, on voit la situation… On pourrait multiplier les exemples. Seules des négociations permettant de prendre en compte les intérêts de tous les acteurs pourraient ouvrir une nouvelle phase pacifiée de l’histoire du Moyen-Orient. On en est très loin aujourd’hui. Il ne faut pas oublier qu’il y a sept millions de Palestiniens entre la vallée du Jourdain et la Méditerranée, dont deux millions sont citoyens israéliens. Et il y a sept millions de juifs israéliens. Tous ont droit à la sécurité, les Israéliens comme les Palestiniens. Les Israéliens ont leur Etat. Les Palestiniens doivent aussi avoir le leur. Si on ne prend pas le cap de la négociation pour aller vers un compromis politique historique, on ne fera que différer les prochaines violences.

ÉDITO

ÉDITO

Il n’y a pas de processus de paix à Gaza

La deuxième phase du plan Trump, inséré dans le droit international par la résolution 2803 du Conseil de sécurité du 17 novembre 2025, implique le désarmement du Hamas, un nouveau retrait de l’armée israélienne et l’arrivée d’une Force internationale de stabilisation (FIS). Et, plus tard, « …une fois que l’Autorité palestinienne aura scrupuleusement exécuter son  programme de réformes, les conditions seront alors peut-être réunies pour que s’ouvre un chemin crédible vers… la création d’un État palestinien. » L’idée serait donc d’avancer étape par étape pour aller « peut-être » un jour vers une solution politique. En fait, le scénario qui se met en place sur le terrain dévoile une réalité bien différente.

Lire la suite »

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

Le développement, réel défi pour la Tunisie contemporaine.

Barah Mikaïl, 29 avril 2011
La tempête qui souffle sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient connaît une issue pour le moins incertaine. Cependant, une idée convenue consiste le plus souvent à voir dans la Tunisie le cas d’un pays à même de consacrer l’idée d’une transition exemplaire vers la démocratie. Le tribalisme et le communautarisme y sont en effet quasi-inexistants ; la notion et le concept d’unité nationale n’y posent aucun problème, l’indépendance du pays ayant été obtenue en 1956 au nom d’une nation qui existait réellement ; la nécessité de se consacrer à une ère post-Ben Ali qui fasse entièrement fi du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) et de ses affidés est quant à elle une idée partagée par l’ensemble de la population ou presque. A priori, peu d’entraves devraient donc se hisser sur la route qui va mener les Tunisiens à l’élection d’une Assemblée constituante le 24 juillet prochain.

Lire la suite »
Lettre d’information de l’iReMMO