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La logique de guerre dans laquelle s’enferme Israël est mortifère pour l’avenir de la région

Agnès Levallois, spécialiste du Proche-Orient, s’inquiète, dans une tribune au « Monde », des risques d’un embrasement régional, après les interventions de l’Etat hébreu au Liban, qui éloignerait pour très longtemps tout règlement politique.

Les récentes opérations israéliennes, menées les 17 et 18 septembre, à l’encontre du Hezbollah, ont entraîné la mort de 39 personnes et blessé environ 3 000 autres, illustrant ainsi une escalade marquée des tensions dans la région. Ces frappes ciblées visaient des membres du Hezbollah et s’inscrivent dans une stratégie israélienne visant à ouvrir un second front avec le Liban.
 
Benyamin Netanyahou a annoncé une « nouvelle phase de la guerre », avec pour objectif de permettre le retour des populations déplacées du nord d’Israël, qui avaient fui les menaces posées par le Hezbollah et les échanges de tirs incessants. Les bombardements israéliens, notamment ceux visant la banlieue sud de Beyrouth, cherchent à diminuer les capacités opérationnelles du Hezbollah tout en rehaussant l’image du Mossad, ternie par son échec lors des massacres du 7 octobre.
 
Ces actions visent également à tester la capacité de réaction du Hezbollah, qui, bien que sérieusement affaibli, demeure une menace en raison de son arsenal balistique. Hassan Nasrallah a reconnu l’ampleur des pertes subies et a promis des représailles sévères. Toutefois, cette dynamique soulève des préoccupations quant à la possibilité d’une nouvelle guerre, qui risquerait d’éloigner davantage toute solution politique viable tout en renforçant le Hamas et le Hezbollah.
 
Ces opérations ont des conséquences dramatiques sur les populations civiles dans la région. À Gaza, les bombardements israéliens continuent d’infliger de lourdes pertes parmi les civils, exacerbant la crise humanitaire déjà critique. En Cisjordanie, la violence des colons contre les Palestiniens s’intensifie, rendant la vie quotidienne insoutenable pour de nombreux habitants. Au Liban, la population ressent la menace croissante des hostilités, alimentant l’anxiété et l’incertitude.
 
La stratégie israélienne semble conduire à une impasse, alors que la violence persiste et que les perspectives d’un règlement durable s’assombrissent. Netanyahou, sous une pression croissante tant sur le plan interne qu’international, se trouve dans l’obligation de définir une stratégie politique claire et cohérente. Alors que la situation demeure de plus en plus complexe, l’avenir de la région apparaît incertain, les enjeux politiques et sécuritaires se heurtent à des dynamiques profondément enracinées.

Agnès Levallois, vice-président de l’iReMMO.

ÉDITO

ÉDITO

Loi Yadan: «Critiquer le sionisme marque un attachement à la vie et à la paix juste»

La proposition de loi Yadan visant à réprimer «les nouvelles formes d’antisémitisme» sera débattue le jeudi 16 avril 2026 par les députés. L’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme. Comme tout nationalisme, le sionisme, contesté depuis l’origine, y compris par des Juifs, ne peut conduire qu’à des drames.

Par Pierre Blanc, rédacteur en chef de Confluences Méditerranée

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

Syria : the limits of external influence

Barah Mikaïl, 14 juin 2011
When the winds of change started blowing through the Middle East in December 2010, analysts were quick to predict that Syria would not succumb to the wave of popular protests. Syrian President Bashar al-Assad claimed that his country was exempt from the factors driving other protests. Yet contrary to most predictions, the Syrian population has voiced it desire for change. The potential for farreaching reform now exists. While the EU must stand ready to help, however, it is unlikely to play a primary role in ushering in political liberalisation. This is because of the structural nature of the Syrian regime, the country’s place in the regional context and ongoing difficulties in Libya. The EU reaction to Syria’s protests has been ad hoc and uncertain, and European governments could certainly do more. But Syria may show the limits to what kind of impact can be expected of European support for democratic reform.

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Lettre d’information de l’iReMMO