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Le malaise des pays du Maghreb

Depuis plus de 4  mois, la population égyptienne affirme son soutien aux Palestiniens. Entre émotion populaire et impératifs diplomatiques avec Tel-Aviv, comment le gouvernement d’Al-Sissi compose-t-il avec ce contexte inflammable ?

Des manifestations ont eu lieu en Égypte pour soutenir les Palestiniens et la population de Gaza et demander l’arrêt des bombardements. La grande manifestation du 20 octobre 2023 était, elle, à la demande du président égyptien, et a eu lieu dans plus de 27 localités égyptiennes. Cependant, les manifestations ont aussi repris des slogans contestataires tels que  “pain, liberté, cause palestinienne”, utilisés durant les manifestations de 2011 ayant conduit à la chute de Moubarak. Elles ont donc donné lieu à l’arrestation d’environ 50 personnes.

La position officielle égyptienne, en gardant sa frontière fermée, est présentée par Al-Sissi et le régime, à la fois comme une défense de l’intégrité territoriale de l’Égypte, ce qui signifie ne pas céder une partie du territoire égyptien pour accueillir des réfugiés palestiniens, et comme une défense de la cause palestinienne pour empêcher sa liquidation par Israël et permettre aux Palestiniens de rester chez eux. La position historique de l’Égypte est de refuser l’arrivée de réfugiés palestiniens et l’établissement de l’État palestinien sur le sol égyptien.

En se présentant à la fois comme un défenseur, et de la souveraineté égyptienne et de la cause palestinienne, Sissi essaie de rassembler autour de sa politique. En appelant la rue à manifester et à soutenir la population palestinienne, c’est une façon de dire « la question palestinienne reste une question fédératrice ».

Après les menaces israélienne d’envahir Rafah, l’Égypte a procédé à un renforcement des frontières. Depuis le 12 février 2024, une zone tampon de sécurité est en construction à l’est du Sinaï, le long de la frontière avec Gaza, dans le but de se préparer à un exode des Palestiniens. Il s’agit d’un acte préventif. L’État égyptien se prépare à tous les scénarios, y compris celui de la déportation forcée des Palestiniens et prépare le terrain pour que les Palestiniens soient contenus et non pas dispersés dans les différentes localités égyptiennes.

Il faut rappeler que le régime égyptien est confronté à de nombreux défis : les pressions israéliennes et américaines pour faire accepter le plan de déportation, la responsabilité de faire entrer l’aide humanitaire par le seul passage qui n’est pas contrôlé directement par Israël, maintenir un rôle de médiateur actif dans la libération des otages israéliens et la mise en place d’un cessez le feu ou au moins d’une trêve humanitaire. A cela s’ajoute la gestion de la colère de l’opinion publique égyptienne qui a évolué et qui s exprime de plus en plus en opposition avec la position officielle. 

Depuis toujours, un clivage ou un décalage existe entre l’opinion publique et le positionnement diplomatique égyptien. L’opinion publique égyptienne a toujours soutenu la cause palestinienne et l’a toujours considéré comme une véritable cause et non pas comme un problème politique et sécuritaire contrairement au régime. Ce décalage s’observe pendant les moments de crises et de grandes tensions. En Égypte, s’engager pour la Palestine est considéré comme l’engagement de base, c’est l’engagement par lequel on apprend à faire de la politique, c’est un vecteur de mobilisation et de politisation de la jeunesse.

Selon les sondages menés par le Centre arabe de recherche et d’études politiques (CAREP) à Doha et le Washington Institut for Near East Policy, le soutien au Hamas en Égypte a augmenté. Cependant, il n’a pas augmenté pour ce qu’il est: le Hamas, mais parce que c’est l’acteur qui a fait revenir la question palestinienne sur le devant de la scène, surtout après la banalisation qui se faisait depuis 2011. Le soutien au Hamas est donc contextuel, non pas idéologique. 

Dima Alsajdeya, membre du bureau de l’iReMMO.

ÉDITO

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Loi Yadan: «Critiquer le sionisme marque un attachement à la vie et à la paix juste»

La proposition de loi Yadan visant à réprimer «les nouvelles formes d’antisémitisme» sera débattue le jeudi 16 avril 2026 par les députés. L’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme. Comme tout nationalisme, le sionisme, contesté depuis l’origine, y compris par des Juifs, ne peut conduire qu’à des drames.

Par Pierre Blanc, rédacteur en chef de Confluences Méditerranée

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Pour que d’autres Bouazizi soient épargnés

Kmar Bendana, 5 février 2011
Dans le formidable élan d’espoir que nous traversons depuis le 14 janvier, nos yeux voient défiler chaque jour des images incroyables, des scènes du réel non vues depuis que nous avons accédé à une vie adulte, depuis que la Tunisie dispose d’une infrastructure médiatique. Des témoignages de tous bords courent sur les vidéos, des reportages tous azimuts sont conduits par mille et un témoins, des caricatures drôles défilent sur nos écrans de télé et d’ordinateur, des sketchs décapants nous font rire de milliers d’émissions et de discours subis dans la colère puis enfouis dans un coin de nos cerveaux indifférents. Nos oreilles saturées de langue de bois entendent des mots inventés par les jeunes, découvrent des slogans nés dans la rue, des paroles politiques émanant de citoyens, écoutent des chansons revendicatrices et des refrains recomposés sur des airs familiers.

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Lettre d’information de l’iReMMO