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Les Brics développent un modèle alternatif crédible pour les pays du Sud global

“Un bloc anti-occidental”, “une revanche du Sud non-aligné sur le Nord” … nombreuses sont les appellations données lors du 15ème sommet des BRICS à Johannesbourg, du 22 ou 24 août 2023.

Joan Deas, directrice exécutive de l’iReMMO, était invitée à RFI par Pierre Olivier afin de décrypter les enjeux de ce sommet des pays BRICS, et les premiers conséquences qui peuvent en être tirées.

Que veulent les BRICS ? Veulent-ils tous les même chose ? 

Depuis un certain nombre d’années, la Russie est en “croisade”, avec une position qualifiée par les occidentaux comme révisionniste. Sa stratégie en est une d’opposition des points de vue politique et normatif. Elle compte beaucoup sur la Chine, qu’elle considère comme son allié fondamental. Son agenda politique est certainement de regagner du poids politique grâce aux BRICS et de transformer ces BRICS en bloc anti-occidental. Par contre, l’Inde et le Brésil ont toujours empêché la Russie d’y arriver, et continuent de s’y opposer, puisque cela irait contre leurs intérêts.

Le Sud Global est un concept qui est sorti dans les années 1980, et à l’heure actuelle on les considère comme pays avec un héritage de non-alignement. Ils ont tous pour point commun un historique commun d’humiliation, de marginalisation, et de colonisation, qui ont créé un ressentiment commun, ainsi qu’une volonté de redistribution et de reconnaissance sur la scène internationale.

 

Un élargissement qui n’en favorise que certains…

[Avant l’élargissement des BRICS], il n’y avait pas de critères pour intégrer les BRICS. Et c’est précisément là l’un des enjeux, puisque des membres comme l’Inde et le Brésil froncent des sourcils quant à cet élargissement, puisqu’ils n’ont rien à gagner mais plutôt beaucoup à perdre, avec la dilution de leur influence.

Au contraire, la Chine est le pays le plus favorable à cet élargissement, puisque c’est celui qui en tire le plus d’avantages. L’enjeu pour Pékin est d’une part de gagner en influence dans sa bataille vis-à-vis des États-Unis sur la domination de l’ordre international. Mais d’autre part, c’est aussi de progressivement transformer les BRICS – qui sont à l’origine une institution où tous les membres sont sur un pied d’égalité – en un groupe pro-Chine, dans lequel il prendrait le leadership.

Joan Deas, directrice exécutive de l’iReMMO 

 

ÉDITO

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

De la Tunisie vers l’Egypte, la Jordanie ou la Syrie ? La perspective d’une « contagion » révèle le lien arabe mais ne saurait masquer les différences. (Entretien original)

Pierre Blanc, 29 janvier 2011
Un entretien avec Pierre Blanc. Rédacteur en chef de « Confluences Méditerranée » et enseignant-chercheur en géopolitique. « Contagion », voilà le mot clé répété de toutes parts à propos de la révolution tunisienne. Une idée qui révèle en partie notre vision d’un Monde Arabe qui serait uniforme. Interrogé « à chaud » par la Mission Agrobiosciences, le rédacteur en chef de la revue « Confluences Méditerranée », Pierre Blanc, relève effectivement la force du lien arabe, une grande connexion des populations par le biais médiatique et la force d’entraînement des réseaux sociaux ainsi qu’une similitude de difficultés. Mais l’idée univoque d’un effet de « contagion » de la révolution tunisienne à tout le Maghreb et au Proche Orient ne saurait masquer les différences d’un espace national à l’autre.

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Lettre d’information de l’iReMMO