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Les Palestiniens ne maîtrisent pas l’eau de leur sous-sol

Comment Israël utilise l’eau pour son projet territorial?

Dès la conférence de paix à Paris, après la Première Guerre mondiale, la délégation sioniste amenée par Chaim Weizmann avait revendiqué un territoire pour le futur État juif qui épousait l’entièreté du bassin du Jourdain. Ceci en dit long de l’idée originelle d’une souveraineté politique indexée sur la ressource en eau. Certes, à la suite de cette conférence, Anglais et Français, auxquels des mandats furent octroyés dans la région, avaient contenu ce dessein territorial : la création du Liban au nord ôtait le Litani et le Hasbani du projet de Weizmann, la création de la Syrie au nord-est amputait les eaux du Golan et la création de la Transjordanie à l’est accordait à celle-ci les affluents orientaux du Jourdain. Dans ce qui restait de la revendication de Weizmann, autrement dit la Palestine, sous mandat britannique, les juifs devaient se partager l’eau avec les Palestiniens. Mais, dans les faits, le dessein de Weizmann s’est progressivement réalisé, et ce par la force. Après la guerre des Six- Jours, en 1967, les aquifères de Cisjordanie sont passés sous contrôle strict d’Israël, le Golan a été pris à la Syrie avant son annexion en 1981, tandis que les eaux du Liban du Sud ont été tenues à l’écart des projets hydrauliques libanais du fait de l’occupation par Israël de 1978 à 2000, puis de sa stratégie de dissuasion pour tout projet sur ces mêmes eaux : en 2002, alors que le Liban voulait exploiter ses eaux du Sud pour établir une agriculture en capacité de nourrir les populations et les y fixer, Ariel Sharon a menacé de réoccuper cet espace. Rien n’a été permis ensuite. Au Liban, comme dans tout son voisinage, Israël est ainsi consacré puissance hydro-hégémonique tant il a poussé au maximum son avantage hydrique.

ÉDITO

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L’Iran face à ses crises: anatomie d’une rupture entre l’État et la société

Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran connaît une vague de contestation d’une ampleur et d’une intensité inédites. La révolte contre la vie chère a été, dès ses débuts, un soulèvement contre le pouvoir. Sous des mots d’ordre économiques se lisait déjà une contestation politique, tant la dégradation du quotidien est perçue comme le produit direct des choix du régime. La valeur du rial face au dollar dépend largement de l’état des relations avec les États-Unis, et donc des orientations stratégiques de la République islamique. Dès les premières heures, la mobilisation a dépassé la question du coût de la vie pour viser plus frontalement le régime lui-même.

Par Clément Therme, historien des relations internationales et membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

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Quand le conflit du Sahara Occidental s’invite dans les vignes Bordelaises

Christophe Chiclet, 22 octobre 2012
Tout le monde se méfiait du plombier polonais. Le mistigri n’est jamais venu ! Personne n’avait vu venir le vendangeur sahraoui au fin fond de la Gironde, dans le nord-Médoc, à Pauillac. Pauillac est une bourgade d’un peu plus de 5.000 habitants, sur les bords de l’estuaire de la Gironde. La ville est surtout connue pour ses grands crus médocains. Elle compte 78 viticulteurs, dont la moitié est formée de grands et riches propriétaires de châteaux, voire très grands et très riches. En face, une classe moyenne à peine palpable et peu de commerces dans les petits villages du Médoc. Mais une multitude d’ouvriers agricoles dont certains n’ont même pas les moyens de s’acheter une voiture pour aller travailler.

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Lettre d’information de l’iReMMO