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L’Europe et l’Orient face aux enjeux actuels

La guerre qui se déroule dans la bande de Gaza depuis un an après les massacres perpétrés par le Hamas et la violente riposte d’Israël représente un défi majeur pour l’Europe mais également pour les relations qu’elle entretient avec l’Orient en raison des conséquences de ce conflit sur les populations des deux rives de la Méditerranée. Le conflit israélo-palestinien s’est rappelé, de la façon la plus dramatique qui soit, à la communauté internationale qui s’est détournée de son règlement. Il est temps de mobiliser sérieusement les outils qui gèrent les relations internationales et, tout particulièrement, le droit pour régler ce conflit non résolu depuis des décennies.

Le contexte des conflits au Proche-Orient

Les conflits au Proche-Orient, notamment la guerre à Gaza, sont le résultat de décennies de tensions exacerbées par les attaques du Hamas en octobre et la riposte israélienne qui s’est étendue à plusieurs pays de la région. L’instabilité de l’Irak, déjà en crise depuis plus de vingt ans, illustre à quel point ces conflits perturbent tout le Moyen-Orient. Ces guerres, en plus de leurs conséquences humaines et géopolitiques, constituent un défi considérable pour l’Europe, qui voit ses relations avec cette région du monde profondément affectées.

Les initiatives de paix au point mort

Le conflit israélo-palestinien a été largement ignoré ces dernières années, notamment avec la tentative de l’administration Trump de « normaliser » la situation en privilégiant des accords économiques au détriment des revendications politiques palestiniennes. Cette approche a été largement critiquée pour son manque de prise en compte des droits des Palestiniens. L’idée d’une transformation économique de Gaza en « Dubaï » s’est révélée illusoire, et les espoirs de résolution pacifique se sont progressivement dissipés, exacerbant les tensions.

Le rôle historique de l’Europe et la Déclaration de Venise

L’Europe, qui avait autrefois joué un rôle actif dans la recherche d’une solution, s’est progressivement désengagée. La Déclaration de Venise en 1980 avait marqué une volonté européenne de jouer un rôle particulier au Proche-Orient, reconnaissant les droits légitimes des Palestiniens tout en garantissant la sécurité d’Israël. Cependant, les divisions internes, l’élargissement de l’UE et le transfert de la gestion du conflit aux États-Unis ont largement limité la capacité de l’Europe à intervenir efficacement.

Blocage Diplomatique

Le blocage actuel du Conseil de sécurité de l’ONU, amplifié par l’usage fréquent du droit de veto par les grandes puissances, limite toute action significative sur le conflit israélo-palestinien. Les accords d’Oslo en 1993 avaient donné l’espoir d’une paix durable, mais la montée en puissance du Hamas à Gaza et de l’extrême droite en Israël a mis un terme à cet espoir. La violence généralisée est aujourd’hui acceptée comme une fatalité dans la région, signe d’une dégradation profonde du processus de paix.

L’impuissance du Droit International

La guerre à Gaza met en évidence l’échec des institutions internationales à réguler les conflits. Ni la Cour internationale de justice (CIJ) ni la Cour pénale internationale (CPI) ne parviennent à imposer des sanctions ou des règlements. Les tentatives d’apporter une aide humanitaire à Gaza sont régulièrement bloquées, tandis qu’Israël et d’autres pays refusent de reconnaître l’autorité de ces institutions. Le non-respect du droit international par plusieurs pays, au-delà d’Israël, fragilise l’ensemble des relations internationales.

Le défi de l’Europe et la nécessité d’une solution politique

Face à l’échec du processus de paix mené par les États-Unis, l’Europe doit reprendre l’initiative pour faciliter le dialogue entre Israël et les Palestiniens. Un règlement politique, et non militaire, est la seule voie possible vers une paix durable. Bien que la solution à deux États soit devenue de plus en plus difficile à envisager, en raison de la fragmentation de la Cisjordanie par les colonies israéliennes, elle reste l’unique option viable pour garantir la sécurité d’Israël et celle des Palestiniens.

L’importance de l’engagement européen

L’Europe doit saisir l’opportunité de s’impliquer à nouveau dans la recherche de la paix au Proche-Orient, en mobilisant ses forces diplomatiques et politiques. Les divisions internes de l’UE rendent cette tâche difficile, mais l’appel à l’Europe de nombreux acteurs de la région témoigne de la nécessité d’une alternative aux politiques américaines. La création d’un État palestinien reste la clé d’une paix durable, tant pour la sécurité d’Israël que pour la reconnaissance des droits des Palestiniens.

Agnès Levallois, vice-présidente de l’iReMMO.

ÉDITO

ÉDITO

L’Iran face à ses crises: anatomie d’une rupture entre l’État et la société

Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran connaît une vague de contestation d’une ampleur et d’une intensité inédites. La révolte contre la vie chère a été, dès ses débuts, un soulèvement contre le pouvoir. Sous des mots d’ordre économiques se lisait déjà une contestation politique, tant la dégradation du quotidien est perçue comme le produit direct des choix du régime. La valeur du rial face au dollar dépend largement de l’état des relations avec les États-Unis, et donc des orientations stratégiques de la République islamique. Dès les premières heures, la mobilisation a dépassé la question du coût de la vie pour viser plus frontalement le régime lui-même.

Par Clément Therme, historien des relations internationales et membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

A Gaza, c’est la paix qu’on ensevelit !

Ali Keshtgar, 22 janvier 2009
Ce qui se produit à Gaza, ce n’est évidemment pas une guerre entre deux Etats en conflit. Il y a, d’un côté, les velléités d’une population prise en otage, qui veut sauver ce qui lui reste de fierté, de l’autre une force armée jusqu’aux dents, disposant de l’artillerie la plus moderne et la plus meurtrière précisément déterminée à briser cette fierté et à imposer une humiliation perpétuelle à une population exsangue. Il faut être né à Gaza, avoir été, chez soi, dépouillé de son indépendance, avoir vécu dans la peur de la guerre, de la destruction et de la mort pour savoir comment la vie-même peut perdre son prix au point qu’on préfère l’échanger contre un instant de fierté…

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Lettre d’information de l’iReMMO