La poursuite des bombardements israéliens presque quotidiens sur le territoire libanais renforce la position du Hezbollah, qui voit dans cette agression une justification permanente à son maintien des armes. L’argument de la «résistance» demeure ainsi central dans son discours, d’autant que Tel Aviv ne respecte pas les termes du cessez-le-feu en vigueur.
Sur le plan intérieur, l’arrivée d’un nouveau président et d’un gouvernement offrait une opportunité pour une reprise en main de l’État. Toutefois, plusieurs obstacles majeurs persistent. Le Hezbollah s’oppose fermement à toute remise en cause de sa puissance militaire, tandis que le financement iranien continue d’affluer. Cependant, l’Iran, très affaibli économiquement et soucieux d’éviter une nouvelle confrontation directe avec Israël, adopte aujourd’hui une posture plus prudente et ne peut plus soutenir le Hezbollah avec la même ampleur qu’auparavant.
La communauté internationale, notamment les États-Unis, la France et l’Arabie saoudite, fait pression sur l’armée libanaise pour qu’elle retrouve son rôle central dans la sécurité nationale. Mais sans un désarmement effectif du Hezbollah, les aides économiques substantielles et les réformes bancaires indispensables restent bloquées. L’armée libanaise souhaite agir, mais elle manque encore des moyens nécessaires pour imposer sa souveraineté.
L’un des principaux obstacles à toute évolution dans la situation libanaise est le comportement décomplexé d’Israël, qui agit librement sur le territoire libanais sans contrainte, compromettant la capacité du nouveau gouvernement à appliquer la feuille de route visant au désarmement du Hezbollah. Tant que la pression militaire israélienne se maintiendra, les positions resteront figées, et le risque d’escalade demeurera élevé
La Syrie post-Assad : fragmentation régionale et échos du projet du “Grand Moyen-Orient”
Penser la Syrie, plus d’un an après la chute du régime Assad, suppose d’observer comment les lignes de fracture accumulées depuis le Printemps arabe (2011) ont finalement cédé à un délitement inquiétant pour l’avenir du pays et pour sa capacité à maintenir son intégrité territoriale.
Par Barah Mikaïl, membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée