Directeur du Centre de sociologie de l’Irak (Université de Soran en Irak) et chercheur associé au Programme Turquie et Moyen-Orient de l’Institut français des relations internationales ainsi qu’au Centre d’analyse et d’intervention sociologiques. Il est également chargé de cours à l’Université d’Evry depuis 2011. Il a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels L’Irak de Fayçal à Talabani (Ranj, 2006), Le nationalisme, l’islamisme et le terrorisme (Hamdi, 2010 – Irak) et Sociologie des mouvements sociaux au Kurdistan (Gazalnous, 2015).
L’Iran face à ses crises: anatomie d’une rupture entre l’État et la société
Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran connaît une vague de contestation d’une ampleur et d’une intensité inédites. La révolte contre la vie chère a été, dès ses débuts, un soulèvement contre le pouvoir. Sous des mots d’ordre économiques se lisait déjà une contestation politique, tant la dégradation du quotidien est perçue comme le produit direct des choix du régime. La valeur du rial face au dollar dépend largement de l’état des relations avec les États-Unis, et donc des orientations stratégiques de la République islamique. Dès les premières heures, la mobilisation a dépassé la question du coût de la vie pour viser plus frontalement le régime lui-même.
Par Clément Therme, historien des relations internationales et membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée