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Adieu à Josette Audin

4 février 2019

J’ai découvert à 7 ans le nom et le visage si jeune de Maurice Audin, peu après son enlèvement par les parachutistes français à Alger. J’étais encore enfant, mais ma maman faisait partie du cercle restreint des « porteurs de valises ».

 

 

Notre petit appartement de la Porte de Vanves accueillait fréquemment des réunions: entre Français ou avec des militants du Front de libération nationale (FLN) algérien. Bientôt, il y aurait des piles de livres interdits: « La Question », d’Henri Alleg et « La Torture dans la République », de Pierre Vidal-Naquet..L’historien avait aussi écrit « L’Affaire Audin », que je me souviens avoir lu, mais un peu plus tard,

C’est tout cela qui me revient en apprenant la disparition de Josette Audin. Je ne crois pas avoir rencontré une autre combattante de cette trempe ! Pendant plus de soixante ans, elle aura lutté sans jamais céder pour savoir et faire savoir la vérité.

 

 

Sa mort m’attriste profondément, comme celle d’une très proche. Mais je suis heureux que ses derniers mois aient été éclairé par une grande victoire: la reconnaissance par le président de la République de la responsabilité de l’État et de son armée.dans l’assassinat de Maurice Audin. Il reste bien sûr beaucoup à faire pour que cette reconnaissance s’étendre à tous les disparus, à tous les assassinés de cette guerre barbare. Mais un grand pas en avant a été fait grâce à cette femme exceptionnelle.

Josette Audin est morte victorieuse. Ses enfants, Michèle et Pierre, peuvent être fiers de leur maman. Une leçon de courage et d’intelligence: on ne perd à coup sûr que les combats qu’on ne mène pas. Dans mon Panthéon et celui, j’en suis sûr, de milliers d’autres, elle prend place aux côtés de Dolorès Ibarruri. Deux passionnarias…

 

Dominique VIDAL
Membre du bureau de l’iReMMO – Responsable des Midis

ÉDITO

ÉDITO

L’Iran face à ses crises: anatomie d’une rupture entre l’État et la société

Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran connaît une vague de contestation d’une ampleur et d’une intensité inédites. La révolte contre la vie chère a été, dès ses débuts, un soulèvement contre le pouvoir. Sous des mots d’ordre économiques se lisait déjà une contestation politique, tant la dégradation du quotidien est perçue comme le produit direct des choix du régime. La valeur du rial face au dollar dépend largement de l’état des relations avec les États-Unis, et donc des orientations stratégiques de la République islamique. Dès les premières heures, la mobilisation a dépassé la question du coût de la vie pour viser plus frontalement le régime lui-même.

Par Clément Therme, historien des relations internationales et membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

Révoltes arabes

Jean-Paul Chagnollaud, 1er juillet 2011
En quelques semaines, des leaders que la veille encore on pouvait croire inamovibles ont brutalement disparu de la scène politique au grand soulagement de leur peuple. Beaucoup ont alors espéré que cette vague de fond allait se propager dans tout le monde arabe avec des résultats similaires. Que le désormais fameux « dégage ! » allait être opérationnel du Maghreb au Machrek. Il a fallu bien vite se rendre à l’évidence. Si partout on a vu surgir ce même élan populaire, il ne pouvait pas avoir partout la même force ni le même ancrage. D’où aujourd’hui des situations très contrastées entre, par exemple, le Maroc où le roi vient de prononcer un discours annonçant une grande réforme constitutionnelle et la Syrie où Bachar el Assad paraît bien décidé à réprimer par la violence la plus extrême tous ceux qui osent le défier.

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Lettre d’information de l’iReMMO