Home » Publications » Édito » Adieu à Josette Audin

Adieu à Josette Audin

4 février 2019

J’ai découvert à 7 ans le nom et le visage si jeune de Maurice Audin, peu après son enlèvement par les parachutistes français à Alger. J’étais encore enfant, mais ma maman faisait partie du cercle restreint des « porteurs de valises ».

 

 

Notre petit appartement de la Porte de Vanves accueillait fréquemment des réunions: entre Français ou avec des militants du Front de libération nationale (FLN) algérien. Bientôt, il y aurait des piles de livres interdits: « La Question », d’Henri Alleg et « La Torture dans la République », de Pierre Vidal-Naquet..L’historien avait aussi écrit « L’Affaire Audin », que je me souviens avoir lu, mais un peu plus tard,

C’est tout cela qui me revient en apprenant la disparition de Josette Audin. Je ne crois pas avoir rencontré une autre combattante de cette trempe ! Pendant plus de soixante ans, elle aura lutté sans jamais céder pour savoir et faire savoir la vérité.

 

 

Sa mort m’attriste profondément, comme celle d’une très proche. Mais je suis heureux que ses derniers mois aient été éclairé par une grande victoire: la reconnaissance par le président de la République de la responsabilité de l’État et de son armée.dans l’assassinat de Maurice Audin. Il reste bien sûr beaucoup à faire pour que cette reconnaissance s’étendre à tous les disparus, à tous les assassinés de cette guerre barbare. Mais un grand pas en avant a été fait grâce à cette femme exceptionnelle.

Josette Audin est morte victorieuse. Ses enfants, Michèle et Pierre, peuvent être fiers de leur maman. Une leçon de courage et d’intelligence: on ne perd à coup sûr que les combats qu’on ne mène pas. Dans mon Panthéon et celui, j’en suis sûr, de milliers d’autres, elle prend place aux côtés de Dolorès Ibarruri. Deux passionnarias…

 

Dominique VIDAL
Membre du bureau de l’iReMMO – Responsable des Midis

ÉDITO

ÉDITO

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

Les Arméniens de Syrie dans le piège

Christophe Chiclet, 10 décembre 2012
Les Arméniens de Syrie bénéficiaient d’un statut de minorité protégée, mais aussi bâillonnée, sans possibilité d’expression démocratique, comme l’ensemble de la population, quasiment toutes communautés confondues. Entre un pouvoir massacreur et des rebelles qui voient parfois d’un mauvais œil les minorités, les Arméniens choisissent, quand ils le peuvent, la fuite. Mais depuis la fin de l’été leurs situations se dégradent. Ara Toranian, fondateur et directeur du mensuel « Nouvelles d’Arménie Magazine » (NAM), écrivait en septembre 2012 : « La communauté arménienne de Syrie n’avait pas vraiment besoin de cette guerre pour voir son existence fragilisée ». En 2003, le journal avait publié un reportage d’une de ses reporters, Armineh Johannes, intitulé « Damas l’ancestrale, un dernier carré d’Arméniens qui résiste à l’érosion ».

Lire la suite »
Lettre d’information de l’iReMMO