N° 135 | Hiver 2025-26
Numéro dirigé par Barah Mikaïl
La chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024 constitue indéniablement une rupture majeure dans l’histoire politique récente de la Syrie. Elle met fin à plus d’un demi-siècle de domination autoritaire fondée sur la coercition, la fragmentation sociale et l’instrumentalisation des appartenances communautaires. Pour autant, cette rupture ne saurait s’annoncer à coup sûr comme l’ouverture d’une transition démocratique, ni comme le point de départ d’une refondation politique et sociale profonde. Elle s’inscrit sûrement en revanche dans une séquence de recompositions régionales et internationales marquée par de fortes continuités structurelles et par l’accumulation de contraintes héritées du conflit: fragmentation du territoire, dépendance accrue à des acteurs extérieurs et persistance de logiques de guerre dans l’exercice du pouvoir. En éclairant les dynamiques en cours à travers des approches complémentaires – politiques, sécuritaires, sociales, économiques et régionales -, ce dossier ne prétend pas dessiner l’avenir de la Syrie, mais fournir une partie des clés de lecture nécessaires à la perception des incertitudes qui l’entourent. Encore une fois, l’après-Assad apparaît moins comme un point d’arrivée que comme une étape intermédiaire, dont les contours resteront largement conditionnés par des facteurs externes autant que par la capacité, encore très limitée, des acteurs syriens à dépasser les logiques de fragmentation et de gestion autoritaire du pouvoir.
Disponible en librairie sur Cairn
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