Hommage à Monique Cerisier-ben Guiga

Monique Cerisier-ben Guiga vient de nous quitter. Depuis plusieurs mois, elle se savait condamnée.  Elle m’avait alors dit, avec une stupéfiante lucidité, comment elle comptait aborder cette épreuve de fin de vie ou plutôt comment elle avait décidé de vivre pendant ces derniers moments. Elle semblait apaisée et s’exprimait avec  douceur et force tout à la fois.
 
Sur le monde politique qu’elle a longtemps fréquenté en tant que sénatrice, elle portait un regard détaché et critique tout en étant intensément engagée dans toutes les causes qu’elle portait avec une incroyable énergie. Pour elle, les politiques qui se prennent pour des gens importants étaient « des petits marquis ». Cette formule féroce était toujours utilisée avec une forme d’indulgence qui dissimulait à peine une formidable détermination dans tout ce qu’elle entreprenait. Elle n’était dupe de rien et, en même temps, capable de tout oser pour faire avancer les idées et défendre les idéaux que nous partagions.
 
Monique était une femme de conviction et d’action au sens le plus fort du terme. Son engagement politique et associatif était tout entier dicté et forgé par ses valeurs d’ouverture aux autres et de sensibilité aux malheurs du monde. Un de ces derniers combats fut de prendre en charge, sur tous les plans et pendant une longue période, une famille de réfugiés syriens qui est aujourd’hui, grâce à elle,  bien intégrée dans la vie sociale de notre pays.
 
Dès la création de l’iReMMO en 2011, je l’avais sollicitée pour qu’elle participe à cette aventure. Elle avait accepté avec passion et était vite devenue, en tant que vice-présidente, un exemple pour nous tous par son dynamisme, son franc-parler et son inépuisable énergie. Sans elle, l’institut ne serait pas ce qu’il est devenu. Nous lui devons vraiment beaucoup. Et en écrivant ces lignes elle est, pour moi, toujours là, présente, avec les yeux pétillants d’intelligence et le sourire légèrement ironique de quelqu’un à qui on la fait pas. Autant dire, et ce n’est vraiment pas une formule, qu’elle va énormément nous manquer. Au point d’ailleurs que je n’arrive pas à admettre qu’elle ne soit plus là….
 
Au nom de tous les membres de l’iReMMO, j’adresse à sa famille nos plus sincères condoléances.
 
Jean-Paul Chagnollaud
Président de l’iReMMO