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Migrations méditerranéennes au XXe siècle : de l’accueil à la fermeture

Samedi 26 mai 2018 – 13h45-18h30

Dans le cadre du cycle 2017-2018 de l’Université populaire sur le thème : Histoire méditerranéenne de la France.

UP9_Les réfugiés espagnols dans la région parisienne_Agence Meurisse_GallicaRéfugiés espagnols dans la région parisienne, 1936. Agence Meurisse (DR)

À la fin du XIXe siècle la France est déjà un grand pays d’immigration de travail. Mais c’est au début du XXe que la Belle époque, cette période de croissance, de paix et de prospérité, transforme la France en ce pays cosmopolite des arts et des lettres qui fait alors rêver le monde entier. Puis la Grande Guerre survient qui conduit au renversement de l’ordre ancien : la dislocation des empires (russe, ottoman) et l’installation de régimes autoritaires jettent sur les routes et par les mers des flots humains de réfugiés à la recherche de protection. La France reçoit étrangers, réfugiés politiques, exilés en nombre croissant. De plus, la reconstruction et le besoin de main-d’œuvre encouragent à nouveau l’immigration de travail : des centaines de milliers de bras sont accueillis pour aller occuper les places laissées vacantes dans les usines et les campagnes après la saignée de la guerre. C’est le patronat français qui, à travers la Société générale d’immigration, met en place une politique de recrutement massif de travailleurs étrangers.

En même temps, la peur de la « dépopulation », l’angoisse du déclin démographique, induit à légiférer pour favoriser la naturalisation considérée désormais comme facteur d’assimilation des étrangers. Mais l’ouverture des frontières est une parenthèse de courte durée : la grande dépression, avec la contraction du commerce international, le retour du chômage et de la pauvreté, renvoie chez eux des centaines de milliers d’étrangers. Les portes du pays se rouvriront à nouveau dans le deuxième après-guerre et durant les Trente glorieuses, mais le contexte de la décolonisation modifie la donne, en instituant la préférence pour certaines nationalités, comme c’est le cas pour les Algériens, après 1962, qui bénéficient de libertés de circulation et d’installation spécialement négociées au moment de l’indépendance.

L’immigration méditerranéenne noue des liens très intenses avec la population française : si les Italiens diminuent au profit des Portugais et des Espagnols, l’immigration maghrébine fournit des contingents de main d’œuvre très significatifs tout au long des années 1960. L’alternance des flux et reflux migratoires est une caractéristique des politiques publiques françaises au moins jusqu’au dernier quart du XXe siècle lorsque la fermeture des frontières deviendra non seulement un choix français mais aussi une politique européenne. Derrière l’euphémisme de « la maîtrise des flux », la politique d’immigration en France n’a cessé ensuite de se durcir.

Séance 1 – 13h45-15h15
Immigration au XXe siècle : comment change la population française
François Héran, sociologue, démographe et anthropologue, titulaire de la chaire « Migrations et sociétés » au Collège de France, directeur de l’Institut Convergences Migrations.

Séance 2 – 15h30-17h00
Les immigrations algériennes en France : diversité et spécificités
Emmanuel Blanchard, historien et sociologue, agrégé de sciences économiques et sociales, maître de conférences à l’Université de Versailles–Saint-Quentin-en-Yvelines.

Séance 3 – 17h00-18h30
Exilés, réfugiés, travailleurs immigrés : la Méditerranée s’invite en France
Catherine Wihtol de Wenden, politiste, spécialiste des migrations internationales et directrice émérite de recherche au CNRS (CERI-Sciences Po).

 

Inscriptions en ligne
Participation :
pour la journée : 20 € / 12 €*
pour la séance : 8 € / 5 €*

* Tarif réduit pour les étudiant.e.s et les demandeur.se.s d’emploi

En partenariat avec :

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