Édito

L’Iran face à ses crises: anatomie d’une rupture entre l’État et la société
Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran connaît une vague de contestation d’une ampleur et d’une intensité inédites. La révolte contre la vie chère a été, dès ses débuts, un soulèvement contre le pouvoir. Sous des mots d’ordre économiques se lisait déjà une contestation politique, tant la dégradation du quotidien est perçue comme le produit direct des choix du régime. La valeur du rial face au dollar dépend largement de l’état des relations avec les États-Unis, et donc des orientations stratégiques de la République islamique. Dès les premières heures, la mobilisation a dépassé la question du coût de la vie pour viser plus frontalement le régime lui-même.
Par Clément Therme, historien des relations internationales et membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée

Annulation du colloque « La Palestine et l’Europe »: une « grave atteinte aux libertés académiques »
10 novembre 2025
Un important colloque «La Palestine et l’Europe: poids du passé et dynamiques contemporaines» devait avoir lieu au Collège de France en collaboration avec le Carep. Sur pression du ministre de l’enseignement supérieur, répondant à des injonctions de la Licra, l’administrateur du Collège s’est vu dans l’obligation de l’annuler. L’iReMMO dénonce une telle décision qui porte gravement atteinte aux libertés académiques les plus fondamentales.

La Turquie aux avant-postes à Charm el-Cheikh
Alors qu’en Turquie le cours de l’euro est en passe de franchir le seuil fatidique des 50 livres, que l’inflation est repartie à la hausse et que l’on se demande qui sera le prochain maire CHP arrêté, Recep Tayyip Erdoğan s’emploie à faire oublier une conjoncture intérieure plutôt sombre, en faisant feu de tout bois sur le plan international. Grande bénéficiaire de la chute du régime de Bachar al-Assad à la fin de l’année 2024, la Turquie a joué, en effet, en cet automne 2025, un rôle remarqué dans la conclusion de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza, en particulier lors du sommet de Charm el-Cheikh. Retour sur cette implication et ses perspectives…
Par Jean Marcou, professeur émérite à Sciences Po Grenoble-UGA

À Gaza, les contours de la paix dessinée par Trump demeurent très ambigus
12 octobre 2025
TRIBUNE parue dans Le Monde du 13 octobre 2025
Le plan de paix de Trump pour Gaza laisse peu de place aux Palestiniens pour déterminer leur avenir. La «déclaration de New York», portée par la France, suit une autre logique et entend redonner un horizon politique à la région sur la base de la solution à deux États.
Jean-Paul Chagnollaud, président d’honneur de l’iReMMO

Israël-Palestine: pour un retour au politique
Si la première phase du cessez-le-feu initié à Gaza depuis le 19 janvier 2025 a tenu, les perspectives de mise en oeuvre de la seconde – devant permettre la libération de tous les otages restants en échange de celle de prisonniers palestiniens et le retrait total de l’armée israélienne de la bande de Gaza – semblent beaucoup plus incertaines. Comme l’est encore bien davantage l’issue de cette guerre et, plus fondamentalement, celle du conflit israélo-palestinien. Deux chemins sont possibles. L’un conduisant vers une guerre sans fin, l’autre ouvrant vers des perspectives de paix.

Israël-Palestine: Une initiative politique pour sortir de la crise
La guerre de Gaza ouverte par les évènements tragiques du 7 octobre 2023 est une crise majeure, porteuse de scénarios noirs, mais également d’une opportunité qu’il faut saisir pour le règlement du conflit israélo-palestinien.

Guerre Israël-Hamas: ne laissons pas la peur biaiser l’analyse
Parler d’un affrontement entre Occident et terrorisme islamique, comme le fait Benyamin Nétanyahou, est faux. Ce discours instrumentalise les traumatismes de notre histoire récente, et pourrait empêcher la France de suivre une voie diplomatique équilibrée.

La cause palestinienne risque d’être ensevelie pour longtemps sous les cendres d’actes effroyables
«Vous vous intéressez encore à cette question?» me disait il y a quelques mois un important diplomate alors que je lui demandais où en était la politique de la France vis-à-vis du conflit israélo-palestinien. Avec le ton aimablement affligé de celui qui essaie de faire comprendre à son interlocuteur à quel point il est en retard d’une séquence. En d’autres termes, ce problème n’en est plus un. Il suffit de le gérer. Les enjeux sont ailleurs. Fin de l’histoire.
