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L’Arabie saoudite et la France doivent jouer un rôle moteur dans une “coalition pour la paix”

Paris devrait, en amont, et si possible avec d’autres puissances, reconnaître l’Etat de Palestine, tandis que l’Arabie saoudite pourrait accepter le principe d’une normalisation avec Israël, estiment, dans une tribune au « Monde », huit anciens ambassadeurs et spécialistes du Proche-Orient.

La première phase du cessez-le-feu, commencé à Gaza le 19 janvier, a tenu tant bien que mal, mais les perspectives de mise en œuvre de la seconde – celle qui doit permettre la libération de tous les otages restants, en échange de celle de prisonniers palestiniens et du retrait total de l’armée israélienne de la bande de Gaza – semblent beaucoup plus incertaines. L’est encore bien davantage l’issue de cette guerre, et, plus fondamentalement, celle du conflit israélo-palestinien. Deux chemins sont possibles : l’un conduit vers une guerre sans fin, l’autre ouvre vers des perspectives de paix.

Pour la Cisjordanie, objectif central de la politique de Benyamin Nétanyahou, il intensifie la colonisation en s’appuyant sur l’action violente des colons les plus extrémistes, tout en réprimant, par tous les moyens, la moindre forme de résistance à l’occupation. L’armée utilise désormais les mêmes méthodes qu’à Gaza avec des bombardements aériens, la destruction systématique d’espaces urbains et le transfert forcé de dizaines de milliers de Palestiniens hors des camps de réfugiés de Jénine, Tulkarem et Nour Shams, avec interdiction de revenir. Certains évoquent des projets de colonisation en lieu et place de ces camps.

C’est dans ce contexte que l’UNRWA, l’agence onusienne d’aide aux réfugiés palestiniens, dont le rôle est vital pour des centaines de milliers de personnes, est la cible du gouvernement israélien – qui ne veut rien de moins que sa disparition à terme – et qui se trouve désormais dans l’impossibilité de mener ses activités dans ce territoire occupé et à Jérusalem.

En ces temps d’effondrement des normes, de valorisation de la force et de mépris de la vérité, nous pensons qu’il est plus que jamais nécessaire de réaffirmer les principes fondamentaux du droit international. Dans cette perspective, il faut penser de cette stratégie pour seul horizon la solution à deux États, comportant les indispensables garanties de sécurité qui s’imposent pour l’un comme pour l’autre, comme le stipulent les résolutions du Conseil de sécurité, à l’instar de celle (2735) du 10 juin 2024, dont les termes sont à la base du cessez-le-feu intervenu le 19 janvier.

L’ensemble de processus devrait être porté par une « coalition pour la paix » au sein de laquelle l’Arabie saoudite et la France joueraient un rôle moteur. Pour consolider cette approche fondée sur le droit international, Paris devrait, en amont, et si possible avec d’autres puissances, reconnaître l’État de Palestine, tandis que l’Arabie saoudite, dans le même mouvement, pourrait accepter le principe d’une normalisation avec Israël principe qu’elle avait déjà proposée avec la Ligue arabe, en 2002.

Jean-Paul Chagnollaud et Agnès Levallois, iReMMO.

ÉDITO

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Loi Yadan: «Critiquer le sionisme marque un attachement à la vie et à la paix juste»

La proposition de loi Yadan visant à réprimer «les nouvelles formes d’antisémitisme» sera débattue le jeudi 16 avril 2026 par les députés. L’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme. Comme tout nationalisme, le sionisme, contesté depuis l’origine, y compris par des Juifs, ne peut conduire qu’à des drames.

Par Pierre Blanc, rédacteur en chef de Confluences Méditerranée

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

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Barack Obama à Al-Azhar : un discours fondateur

Robert Bistolfi, 3 septembre 2009
Barack Obama et Georges W.Bush : tout a déjà été dit sur leurs différences et sur les ruptures que le nouveau président incarne. Tout a déjà été dit, sauf peut-être l’essentiel : on n’a pas assez souligné la perspective longue qui est la sienne, sa position éthique sur des sujets touchant à l’avenir de l’humanité dans son ensemble. Il pose à la fois des objectifs et des principes pour guider l’action, en jalonnant la voie de sorte que les contraintes de la réalité (qui imposeront des compromis) ne fassent pas dévier du cap. Il l’avait fait avec ses textes fondateurs sur les relations interraciales (discours de Philadelphie [3]) ou sur un monde dénucléarisé (discours de Prague [4]). Tout aussi fondateur apparaîtra le discours qu’il a prononcé le 4 juin 2009 à l’université Al-Azhar, au Caire : au-delà de l’apaisement des tensions avec les sociétés à majorité musulmane, il pose les fondements d’une « politique de l’universel » vraiment novatrice.

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Lettre d’information de l’iReMMO