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Pourquoi les détenus disent non à la radicalisation? Au cœur des prisons françaises

Mercredi 24 juin 2026 | 18h30-2h30

Présentation des livres Presque rien. Ethnographie carcérale des inégalités, des injustices et de la radicalisation (Croquant, 2024) de Bartolomeo Conti et Radicaliser la prévention. une expérience théâtrale en milieu carcéral (Focusdoc, 20226) de Farid Abdelkrim.

Cour intérieur d'une maison d'arrêt en France
Photo : Gzen92

Rencontre avec :

Bartolomeo Conti, sociologue, membre associé du Centre d’étude des mouvements sociaux (CEMS) à l’EHESS, spécialisé dans l’étude des processus de radicalisation et de sortie de la violence, avec un focus particulier sur le milieu carcéral. Ses travaux, notamment menés dans le cadre du projet européen H2020 DARE (Dialogue about Radicalisation and Equality), remettent en cause l’idée reçue de la prison comme un simple «incubateur» ou lieu «terroristogène» de l’extrémisme islamiste. Il est l’auteur de l’ouvrage Presque rien. Ethnographie carcérale des inégalités, des injustices et de la radicalisation (Croquant, 2024).

Farid Abdelkrim, auteur, comédien et médiateur en milieu carcéral français. Ancien dirigeant des Jeunes musulmans de France (branche jeunesse de l’UOIF/les Frères musulmans), il a quitté cette mouvance pour devenir humoriste et militant pour un «islam de France». Il est connu pour ses spectacles de stand-up, notamment «Allah Akbar, vive la République!», et pour ses ouvrages tels que «Pourquoi j’ai cessé d’être islamiste» (2015) et «L’islam sera français ou ne sera pas». Depuis 2015, il exerce la médiation auprès de détenus radicalisés, utilisant le théâtre et le débat pour la prévention de la radicalisation. Il est auteur du livre Radicaliser la prévention. une expérience théâtrale en milieu carcéral (Focusdoc, 20226).

Julien Fischmeister, juriste et responsable du pôle Analyses et plaidoyer à l’Observatoire international des prisons – section française (OIP-SF).

Tarifs et inscription

Présentation des éditeurs

Couverture du livre de Bartolomeo Conti "Presque rien. Ethnografie carcérale des inégalités, des injustices et de la radicalisation" (2024)

Pourquoi et comment des jeunes se radicalisent, tandis que d’autres, exposés aux mêmes conditions sociales et partageant un sentiment d’injustice, ne se radicalisent pas? Pourquoi et comment certaines trajectoires aboutissent à l’extrémisme violent, alors que d’autres ne franchissent pas le seuil de la violence? Cet ouvrage tente de répondre à ces questions à partir d’une recherche ethnographique réalisée durant trois ans dans une prison française. Évitant de porter une attention exclusive à des jeunes dits radicalisés, cette recherche prend en compte une ample variété de profils et de trajectoires de détenus, et ce afin de décrire et d’analyser également des trajectoires de «non-radicalisation». C’est notamment en raison de cette focalisation conjointe sur ces diverses trajectoires et leur articulation avec les inégalités et le sentiment d’injustice que ce livre se distingue des nombreuses études sur la radicalisation et l’extrémisme violent, réalisées en France depuis la série d’attentats djihadistes de 2015. Par la voix des personnes détenues, ce livre propose ainsi un autre regard sur l’espace carcéral et nous invite à penser autrement la radicalisation et le basculement dans l’action violente.

Abdelkrim Farid_Radicaliser prevention_LowDef

La radicalisation, beaucoup la nomment, mais qui saurait dire de quoi il retourne exactement? Loin de prétendre en livrer une définition consensuelle, Farid Abdelkrim fait le point sur ce sujet complexe. Fort de son expérience de prévention en milieu carcéral qu’il débute en 2015, il nous livre ici quelques-unes des réflexions issues de sa mission de médiateur. Intermédiaire, conciliateur ou réconciliateur, il initie à l’art de débattre un public réputé radicalisé ou potentiellement «radicalisables». Son dogme? Questionner sans relâche. Reconnaître de sa propre ignorance est-elle un prérequis pour qui aspire à la connaissance? Les certitudes sont-elles vraiment préférables aux doutes? Un déficit de rationalité n’entrave-t-il pas le cheminement spirituel? Faut-il préférer l’engagement personnel d’un «je» émancipateur à la complaisance d’un «nous» servant d’alibi? Est-il possible d’être à la fois fier de ses origines étrangères et de se sentir pleinement français? Et le bon sens dans tout ça? Son petit plus? Le théâtre. En prison. L’auteur nous ouvre les coulisses d’une création théâtrale à la Maison d’arrêt de Grasse, ou quand l’art sait aussi faire office de prévention.

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