Contrairement à une idée reçue, le climat n’est pas une cause directe des conflits. Les exemples du Darfour ou de la Syrie montrent des chaînes de causalité complexes, où les facteurs politiques, économiques et sociaux restent déterminants.
Le rapport entre climat et puissance a profondément évolué. Longtemps, les conditions climatiques influençaient directement la puissance des États via l’agriculture. Aujourd’hui, la dynamique s’est inversée : ce sont les grandes puissances, à travers des économies encore largement fondées sur les énergies fossiles, qui pèsent sur le climat.
Dans ce contexte, la qualité des institutions devient un facteur clé. Selon leur solidité, elles peuvent limiter ou au contraire aggraver les effets des crises climatiques, notamment en matière de gestion des ressources, de déplacements de populations ou de tensions sociales.
Mais les tendances actuelles marquées par une montée des national-populismes, un climato-scepticisme et des logiques de puissance fragilisent ces équilibres et pèsent directement sur la capacité à répondre à l’urgence climatique.
Entre recomposition géopolitique et crise climatique, c’est l’ensemble de l’ordre international qui est en train de se transformer.
Intervention de Pierre Blanc