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Bientôt un cessez-le-feu à Gaza?

Les événements à Rafah vont bientôt marquer la fin d’une séquence terrible. Nous allons bientôt comprendre que l’usage des armes dans cette guerre a engendré une impasse stratégique. La question de l’après va donc finir par s’imposer. Admettons que Tsahal réussisse à contrôler cette zone, au prix des déplacés, de beaucoup de destructions que va-t-il en faire ensuite ?  Si on ne se décide pas, comme le souhaite beaucoup d’acteurs internationaux , tout ceci n’aura servi à rien en terme d’avancée pour le règlement d’un conflit qui a un siècle d’histoire. 

Il faut absolument parler politique. Les Israéliens veulent faire en sorte que cette zone soit totalement détruite pour ensuite la contrôler mais cela ne règlera pas le conflit israélo-palestinien. Il faut absolument basculer vers les négociations et qu’elles deviennent centrales. Aujourd’hui, elles sont à chaque fois, pour 1000 raisons, repoussées. Il n’y a eu qu’une seule finalité en novembre avec un cessez-le-feu de quelques jours. Nous arrivons pourtant au stade où l’armée israélienne va être physiquement limitée puisqu’elle va finir de détruire l’entièreté de la bande à un moment donné. Il faut penser à l’après et enclencher un règlement plus profond et global. Cette guerre n’a actuellement aucun sens, tant elle ne sert pas l’avenir. Elle est justifiée selon le critère de sécurité et exprime ainsi seulement un rapport de force. Or, un rapport de force ne va en rien résoudre le conflit israélo-palestinien, cela va au contraire l’aggraver très fortement. 

Il y a deux obsessions. Celle de Netanyahou qui veut aller vers cette victoire totale, ce qui a a un sens tactique mais aucun sens sur le plan global. Le Hamas est dans une perspective où le rapport au temps est particulier. Le référentiel du Hamas est plutôt eschatologique, avec une vision de très long terme. Peu importe le nombre de victimes, ce qu’ils souhaitent c’est pouvoir rééquilibrer le rapport de force à leur manière et ils estiment qu’ils ont le temps. 

Jean-Paul Chagnollaud, président de l’iReMMO.

ÉDITO

ÉDITO

L’Iran face à ses crises: anatomie d’une rupture entre l’État et la société

Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran connaît une vague de contestation d’une ampleur et d’une intensité inédites. La révolte contre la vie chère a été, dès ses débuts, un soulèvement contre le pouvoir. Sous des mots d’ordre économiques se lisait déjà une contestation politique, tant la dégradation du quotidien est perçue comme le produit direct des choix du régime. La valeur du rial face au dollar dépend largement de l’état des relations avec les États-Unis, et donc des orientations stratégiques de la République islamique. Dès les premières heures, la mobilisation a dépassé la question du coût de la vie pour viser plus frontalement le régime lui-même.

Par Clément Therme, historien des relations internationales et membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

Révoltes arabes

Jean-Paul Chagnollaud, 1er juillet 2011
En quelques semaines, des leaders que la veille encore on pouvait croire inamovibles ont brutalement disparu de la scène politique au grand soulagement de leur peuple. Beaucoup ont alors espéré que cette vague de fond allait se propager dans tout le monde arabe avec des résultats similaires. Que le désormais fameux « dégage ! » allait être opérationnel du Maghreb au Machrek. Il a fallu bien vite se rendre à l’évidence. Si partout on a vu surgir ce même élan populaire, il ne pouvait pas avoir partout la même force ni le même ancrage. D’où aujourd’hui des situations très contrastées entre, par exemple, le Maroc où le roi vient de prononcer un discours annonçant une grande réforme constitutionnelle et la Syrie où Bachar el Assad paraît bien décidé à réprimer par la violence la plus extrême tous ceux qui osent le défier.

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Lettre d’information de l’iReMMO