Huit ans après l’assassinat de Jamal Khashoggi, Mohammed ben Salmane est de nouveau reçu avec les honneurs à Paris. Sa visite officielle illustre le profond changement de position de la France à l’égard du prince héritier saoudien, autrefois mis au ban de la scène internationale.
Derrière cette réhabilitation, les intérêts économiques et stratégiques occupent une place centrale : pétrole, investissements, défense, énergie et projet Vision 2030 font désormais de Riyad un partenaire difficile à contourner.
Mais le retour en grâce de « MBS » ne repose pas uniquement sur le poids économique du royaume. L’Arabie saoudite s’est aussi imposée comme un acteur diplomatique incontournable au Moyen-Orient, en diversifiant ses partenariats et en cherchant à renforcer son autonomie vis-à-vis de Washington.
Cette évolution pose toutefois la question du poids désormais accordé aux enjeux de droits humains et à l’affaire Khashoggi dans les relations entre Paris et Riyad. Le passage du « paria » au partenaire stratégique révèle surtout l’évolution des priorités de la diplomatie française.
Intervention d’Agnès Levallois.