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Iran: Les contestations peuvent-elles faire vaciller le régime ?

Depuis fin décembre, un vaste mouvement de contestation secoue l’Iran. Sa répression, d’une ampleur inédite, aurait fait plusieurs milliers de morts, selon certaines estimations. Pour les autorités iraniennes, ces soulèvements seraient le résultat d’ingérences étrangères, notamment des États-Unis et d’Israël, mais cette interprétation peut être largement remise en cause, la mobilisation étant avant tout portée par une partie de la population iranienne elle-même.

Fait notable par rapport aux contestations précédentes, le mouvement est parti des commerçants, pourtant proches du pouvoir. L’effondrement de la monnaie a rendu la situation intenable pour eux, avant que d’autres franges de la population ne rejoignent la mobilisation. En 1978, les contestations qui avaient conduit à la chute du Shah d’Iran étaient, elles aussi, parties des commerçants.

Ces manifestations s’inscrivent également dans la continuité du mouvement « Femme, vie, liberté » de 2022, qui a profondément remis en cause les fondements mêmes de la République islamique. Menacé, le régime avait alors été contraint de faire des concessions, en particulier sur le port du voile, amenant un certain nombre d’Iraniens à prendre conscience qu’il était possible de faire bouger les choses. 

Pour autant, le pouvoir iranien reste soutenu par une partie de la population, et l’hypothèse d’un renversement populaire paraît peu probable au regard des nombreux leviers de répression dont il dispose. De même, la perspective d’une action américaine semble s’être éloignée, tant son succès et les conséquences qu’elle pourrait entraîner paraissent incertains.

Intervention d’Agnès Levallois

ÉDITO

ÉDITO

L’Iran face à ses crises: anatomie d’une rupture entre l’État et la société

Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran connaît une vague de contestation d’une ampleur et d’une intensité inédites. La révolte contre la vie chère a été, dès ses débuts, un soulèvement contre le pouvoir. Sous des mots d’ordre économiques se lisait déjà une contestation politique, tant la dégradation du quotidien est perçue comme le produit direct des choix du régime. La valeur du rial face au dollar dépend largement de l’état des relations avec les États-Unis, et donc des orientations stratégiques de la République islamique. Dès les premières heures, la mobilisation a dépassé la question du coût de la vie pour viser plus frontalement le régime lui-même.

Par Clément Therme, historien des relations internationales et membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

“Un soutien politique contre Assad”

Burhan Ghalioun, 11 avril 2012
Interview de Burhan Ghalioun, président du Conseil national syrien qui s’oppose au régime. Il Manifesto du dimanche 25 mars PARIS. En Syrie, la féroce répression de la révolution continue, un an après les premières manifestations. Le Conseil national syrien évalue à 20.000 le nombre des victimes, morts et disparus, et chaque jour une autre centaine s’ajoute à la liste tragique. Le régime d’Assad veut faire la “terre brûlée” affirme Burhan Ghalioun, professeur de sociologie politique, responsable du centre d’études arabes de l’Université Sorbonne nouvelle, et depuis 2011, président du Conseil national syrien.

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Lettre d’information de l’iReMMO