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Israël isolé

Israël est en train d’être considéré par un grand nombre de pays à travers le monde comme un pays qui ne respecte aucune règle, mais ce n’est pas nouveau car peu de résolutions de l’ONU ont été respectées. Mais là une étape a été franchie, et depuis la rupture de la trêve par Israël en mars dernier, on voit toutes ces images qui tournent. Car bien que la bande de Gaza ne soit pas ouverte aux journalistes étrangers, il y a des Palestiniens qui transmettent des images. Je tiens à redire à quel point ils prennent des risques, et les images qui font le tour du monde aujourd’hui sont insupportables. Aujourd’hui il y a une évolution qui fait que le mouvement de sympathie autour d’Israël après le 7 octobre a changé en raison des objectifs de guerre que l’on ne comprend plus si ce n’est de détruire complètement la bande de Gaza et tout ce qui vient avec.

Je pense que ce qui se passe au sein de la société israélienne est extrêmement important. Pour l’instant on n’a pas vu de manifestation massive contre la guerre, mais contre Netanyahou oui. C’est une différence à faire. Dans les manifestations, c’est une manifestation contre lui et sa stratégie qui ne prend plus en compte la question des otages, qui est une question importante pour les Israéliens. Il n’y a pas de remise en question de la stratégie menée par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. Ça commence néanmoins petit à petit. Concernant l’Allemagne, les déclarations du chancelier Merz sont importantes mais pour l’importante la vente d’armes à Israël n’est pas remise en question.

Aujourd’hui, il y a une destruction systématique d’une société et d’un peuple à Gaza.

On voit qu’il y a bien une évolution de la position française avec l’idée d’emmener une position européenne. J’ai l’impression que la France s’est vraiment engagée dans une volonté de faire bouger les choses. La question des sanctions est une question qui peut changer la donne. L’Union Européenne est le premier partenaire économique d’Israël, notamment les crédits européens qui vont a la recherche en Israël, et si personne ne fait rien il n’y a aucune raison que le gouvernement israélien cesse ce massacre auquel on assiste tous les jours. Pour les sociétés dans la région, c’est incompréhensible qu’on laisse faire ce massacre à ciel ouvert. Alors que pour d’autres pays qui mènent des opérations militaires, des sanctions sont immédiatement prises notamment contre la Russie. Ce deux poids-deux mesures qui revient en force laisse des traces et est absolument préjudiciable pour l’avenir des pays arabes et européens. Je pense qu’il faut être très vigilant aussi à ce point : les gens ne nous comprennent pas et cela suscite des réactions violentes qu’il faudra gérer par la suite.

La seule chose qui me parait importante c’est que là on parle de façon un peu générale, mais aujourd’hui il y a une destruction systématique d’une société et d’un peuple. On n’a donc pas le temps d’attendre que la société israélienne, effarée car une partie de la société israélienne commence à se poser des questions sur cette stratégie, mais on n’a pas six mois à attendre pour se demander s’il faut des sanctions. Je ne vois pas de changement radical de la part des États-Unis. La seule chose qui peut bouger c’est que Trump veut faire ce grand marché avec l’Arabie saoudite et que la situation à Gaza empêche ce business. A ce moment-là Trump peut monter au créneau face à Netanyahou et imposer un accord. Mais cet accord tient de toute façon compte de la sécurité d’Israël et ce ne sera pas pour autant qu’on ira vers une solution avec un État palestinien. Ma préoccupation c’est l’urgence humanitaire de ce à quoi nous assistons aujourd’hui dans la bande de Gaza.

Aujourd’hui je n’en peux plus d’entendre l’argument de l’antisémitisme : bien sûr qu’il faut lutter contre l’antisémitisme. Ceci étant dit dès que quelqu’un fait une déclaration, Netanyahou s’en empare pour décrédibiliser quel que soit le propos. Ce n’est plus acceptable, on ne peut pas rester indéfiniment dans cette instrumentalisation par Netanyahou et son gouvernement. Ce qui évidemment ne veut pas dire qu’il ne faut pas lutter contre l’antisémitisme.

ÉDITO

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L’Iran face à ses crises: anatomie d’une rupture entre l’État et la société

Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran connaît une vague de contestation d’une ampleur et d’une intensité inédites. La révolte contre la vie chère a été, dès ses débuts, un soulèvement contre le pouvoir. Sous des mots d’ordre économiques se lisait déjà une contestation politique, tant la dégradation du quotidien est perçue comme le produit direct des choix du régime. La valeur du rial face au dollar dépend largement de l’état des relations avec les États-Unis, et donc des orientations stratégiques de la République islamique. Dès les premières heures, la mobilisation a dépassé la question du coût de la vie pour viser plus frontalement le régime lui-même.

Par Clément Therme, historien des relations internationales et membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

Il faut aller en Tunisie : notes d’un tour dans l’Extrême-Sud (juillet 2011)

François Pouillon, 27 août 2011
Invité en Tunisie pour participer à une école doctorale organisée par un laboratoire de sciences sociales de l’université de Tunis (Diraset), j’en ai saisi l’occasion pour faire, avec de jeunes collègues, un tour dans le Sud-Est, une région que je connaissais assez bien pour y avoir enquêté dans les années 1970. J’en ai rapporté ces impressions de voyage. Encore une fois, ce voyage a été précédé de nouvelles alarmistes . Mes amis de Tunis m’engagent à la prudence : des classes dangereuses aux coupeurs de route, il n’y a qu’un pas, et on signale des poches d’insécurité dans la région de Sidi Bou Zid, épicentre de la révolution démocratique. D’autres vont commenter : il semble que cela arrangerait bien le gouvernement provisoire, en facilitant un regroupement grégaire autour de la ligne qu’il incarne. Je ne suis pourtant pas descendu au Sud par cette route des steppes : pour aller au Sud-Est, mon objectif, la nouvelle autoroute de la côte nous conduit en quelques heures à Gabès.

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Lettre d’information de l’iReMMO