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Liban: comment sortir du marasme?

Fin juin, les parlementaires libanais ont échoué pour la douzième fois à élire un président. Le poste est vacant depuis huit mois. Une carence du pouvoir qui affaiblit un État déjà paralysé par les difficultés : 80% de la population libanaise vit sous le seuil de pauvreté, la monnaie s’effondre et les classes moyennes qui le peuvent fuient le pays. 

Par ailleurs, Jean-Yves Le Drian, l’émissaire français pour le Liban a commencé ses consultations à Beyrouth. L’ancien ministre de la Défense et des Affaires étrangères a été désigné par le président de la République pour tenter d’aider le pays à sortir de la crise politique et économique dans laquelle il s’enfonce. 

Alors, comment sortir du marasme dans lequel est plongé le pays du cèdre ? L’ingérence étrangère – et notamment française – sont-elles les bienvenues ?

 

Agnès Levallois a été invitée par Radio France Internationale pour parler de la crise à multiples facettes qui affecte le pays du cèdre, et le rôle équivoque que jouent (ou devraient jouer) les puissances étrangères et la France.

« S’il y a encore ce réflexe de se dire qu’elle en est capable, est ce qu’elle en est encore vraiment en mesure ? Le point d’interrogation mérite d’être posé.

Par ailleurs, les intérêts de la France dans cette région se sont déplacés du Proche-Orient vers le Golfe. On l’a vu, Emmanuel Macron reçoit le prince héritier saoudien… »

“Les Libanais se disent encore que la situation se réglera de l’extérieur. Mais il me semble que cette crise dramatique que traverse le pays depuis quelques années est la démonstration d’un système politique complètement sclérosé, et que la solution ne vient qu’avec la remise en cause de ce système. 

La nature de cette crise repose sur ce système communautaire, où toute décision doit être prise par un consensus des 5 chefs communautaires. On est dans une logique de marchandage entre les différentes forces politiques pour que chacune retire le maximum de l’accord. C’est ça le nœud de ce blocage auquel on assiste. Il n’y a plus de croyance en l’Etat : chaque libanais se tourne vers son chef communautaire.”

Agnès Levallois, vice-présidente de l’iReMMO

ÉDITO

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

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Il faut aller en Tunisie : notes d’un tour dans l’Extrême-Sud (juillet 2011)

François Pouillon, 27 août 2011
Invité en Tunisie pour participer à une école doctorale organisée par un laboratoire de sciences sociales de l’université de Tunis (Diraset), j’en ai saisi l’occasion pour faire, avec de jeunes collègues, un tour dans le Sud-Est, une région que je connaissais assez bien pour y avoir enquêté dans les années 1970. J’en ai rapporté ces impressions de voyage. Encore une fois, ce voyage a été précédé de nouvelles alarmistes . Mes amis de Tunis m’engagent à la prudence : des classes dangereuses aux coupeurs de route, il n’y a qu’un pas, et on signale des poches d’insécurité dans la région de Sidi Bou Zid, épicentre de la révolution démocratique. D’autres vont commenter : il semble que cela arrangerait bien le gouvernement provisoire, en facilitant un regroupement grégaire autour de la ligne qu’il incarne. Je ne suis pourtant pas descendu au Sud par cette route des steppes : pour aller au Sud-Est, mon objectif, la nouvelle autoroute de la côte nous conduit en quelques heures à Gabès.

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Lettre d’information de l’iReMMO