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Un plan de paix assorti d’une menace?

Un profond scepticisme accompagne ce plan de paix présenté par Trump et Netanyahou. C’est un plan qui ne mérite pas son nom, car il fait abstraction du peuple palestinien et de ses droits. Plusieurs éléments fondamentaux manquent: il n’est pas question d’un État palestinien, ni de la solution à deux États, et Trump soutient le refus de Netanyahou sur cette question.

Le seul point positif potentiel est la possibilité d’un arrêt des massacres et une trêve humanitaire à Gaza, conditionnée à une « reddition totale » du Hamas. Cependant, il y a de quoi être inquiets en raison du flou du plan et des antécédents de Netanyahou, qui a déjà fait déraper des processus de paix par le passé.

Le plan prévoit une autorité transitoire, potentiellement dirigée par Tony Blair, une perspective fortement critiquée. Trump a « embarqué » les pays arabes dans ce plan sous la pression de leurs opinions publiques. Il faudrait voir si ces pays imposeront des conditions, notamment la reconnaissance future d’un État palestinien. Un point d’évolution notable est l’absence de mention de l’annexion de la Cisjordanie, peut-être une concession faite aux pays du Golfe.

La situation pour les Palestiniens, et notamment le Hamas, est décrite comme une « négociation avec le fusil sur la tempe ». La population est exsangue et le Qatar, médiateur clé, a un levier financier considérable pour faire pression sur le Hamas. Inversement, les pays du Golfe, importants partenaires économiques et militaires des États-Unis, ont eux aussi un levier sur Trump pour éviter une rupture et une situation ingérable.

Un autre facteur d’incertitude est lié aux enjeux politiques internes à Israël: Netanyahou est affaibli et son extrême droite est opposée à l’accord. En contrepartie, il aurait négocié une amnistie pour lui-même. En conclusion, bien qu’on puisse espérer que ce plan conduise à un arrêt de la guerre et une libération des otages, beaucoup d’éléments dessinent un cadre « pessimiste » quant à la concrétisation réelle et durable de ce plan, déséquilibré et insuffisamment garanti.

ÉDITO

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L’Iran face à ses crises: anatomie d’une rupture entre l’État et la société

Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran connaît une vague de contestation d’une ampleur et d’une intensité inédites. La révolte contre la vie chère a été, dès ses débuts, un soulèvement contre le pouvoir. Sous des mots d’ordre économiques se lisait déjà une contestation politique, tant la dégradation du quotidien est perçue comme le produit direct des choix du régime. La valeur du rial face au dollar dépend largement de l’état des relations avec les États-Unis, et donc des orientations stratégiques de la République islamique. Dès les premières heures, la mobilisation a dépassé la question du coût de la vie pour viser plus frontalement le régime lui-même.

Par Clément Therme, historien des relations internationales et membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

LES ANALYSES DE CONFLUENCES

Union pour la Méditerranée : cap sur l’inconnu

Deodato Cambarau, 15 février 2008
Au départ formulée comme un ballon d’essai marketing dans une campagne électorale marquée du sceau de la communication, l’initiative proposée par Nicolas Sarkozy de créer une « Union méditerranéenne » s’est peu à peu retrouvée exposée à la réalité de ses nouvelles fonctions et des attentes considérables exprimées dans cette région pour que le débat politique soit rénové. Le discours de Toulon du 7 février 2007, date à laquelle remonte la première énonciation du projet, a non seulement donné une orientation méditerranéenne aux objectifs de politique étrangère du candidat Nicolas Sarkozy, mais simultanément provoqué une multitude de réactions passionnées et controversées sur la valeur ajoutée potentielle de cette hypothétique Union méditerranéenne.

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Lettre d’information de l’iReMMO