Audrey Pluta
Audrey Pluta est docteure en science politique et chercheure Afrique du Nord à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM). Spécialiste de la Tunisie et des institutions sécuritaires au Maghreb, ses recherches portent notamment sur la police, les forces armées, les relations entre pouvoir politique et appareils de sécurité, les réformes du secteur de la sécurité et les recompositions de l’autoritarisme depuis les soulèvements arabes de 2011.
Politiste spécialiste de l’Afrique du Nord, Audrey Pluta développe une approche sociologique des institutions sécuritaires et de leurs transformations dans les contextes de changement de régime. Ses travaux portent principalement sur la Tunisie, dont elle étudie les forces de police et l’armée ainsi que les relations qu’elles entretiennent avec le pouvoir politique et la société.
Docteure en science politique de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, rattachée durant son doctorat aux laboratoires Mesopolhis et IREMAM, Audrey Pluta a soutenu en novembre 2024 une thèse intitulée L’ordre de la démocratie : syndicalistes policiers et professionnels de la « réforme » sécuritaire en Tunisie (2011-2021), réalisée sous la direction d’Éric Gobe et d’Amin Allal.
Cette recherche analyse les transformations de l’institution policière tunisienne après la chute du régime de Zine el-Abidine Ben Ali en 2011. Elle s’intéresse notamment à l’émergence des syndicats policiers, aux revendications professionnelles des forces de sécurité et aux programmes internationaux de réforme du secteur sécuritaire.
Audrey Pluta montre comment ces différentes dynamiques participent à la recomposition des rapports entre pouvoir politique et appareil sécuritaire. Ses travaux interrogent ainsi les processus de légitimation, de renforcement et d’autonomisation de l’institution policière dans un contexte marqué par une transition politique puis par de nouvelles dynamiques autoritaires.
Entre 2017 et 2020, elle a été membre du projet ERC TARICA – Political and Socio-Institutional Change in North Africa: Competition of Models and Diversity of National Trajectories, consacré aux transformations politiques et sociales de l’Afrique du Nord après les soulèvements de 2011.
Son parcours académique l’a également conduite à enseigner à l’Université de Lille, à Sciences Po Aix ainsi qu’à l’École de l’air et de l’espace de Salon-de-Provence. Elle est par ailleurs associée au Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS) de l’Université de Lille.
Audrey Pluta est aujourd’hui chercheure Afrique du Nord à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM), où elle poursuit ses travaux sur les institutions sécuritaires, les forces armées et les transformations politiques dans les pays du Maghreb.
Les recherches d’Audrey Pluta se situent au croisement de plusieurs champs : la sociologie politique, les études de sécurité, les relations civilo-militaires, la sociologie de la police, l’autoritarisme et les transformations politiques contemporaines du Maghreb.
Une place centrale dans ses travaux est accordée à la police tunisienne. Elle analyse notamment les transformations de cette institution après la révolution de 2011 et la manière dont les forces de sécurité se sont adaptées à un environnement politique caractérisé par de nouvelles revendications démocratiques et par l’intervention d’acteurs internationaux engagés dans des programmes de réforme.
Audrey Pluta s’intéresse également aux forces armées tunisiennes et aux relations civilo-militaires. Ses recherches permettent de comparer les trajectoires de la police et de l’armée et d’interroger la place respective de ces institutions dans les recompositions du système politique tunisien depuis 2011.
Plus largement, ses travaux interrogent la relation entre institutions sécuritaires et autoritarisme au Maghreb. Ils montrent comment les transformations politiques peuvent modifier les formes de légitimation et les pratiques des appareils de coercition sans nécessairement conduire à une transformation profonde de leur position au sein de l’État.
Publications et travaux d’Audrey Pluta
Audrey Pluta est l’auteure de plusieurs travaux consacrés aux institutions sécuritaires, à la police, à l’armée, aux relations civilo-militaires et aux transformations politiques de la Tunisie depuis 2011.
Ses recherches cherchent notamment à dépasser une lecture de la transition politique centrée exclusivement sur les institutions représentatives et les partis politiques, en accordant une place centrale aux appareils de coercition et à leurs capacités d’adaptation aux changements de régime.
Elle est notamment l’auteure de l’article Pas de révolution pour la police ? Syndicats et organisations internationales autour de la « réforme » de la police tunisienne après 2011, dans lequel elle analyse les transformations du secteur policier tunisien et les interactions entre syndicats de policiers, acteurs internationaux et projets de réforme sécuritaire.
Elle a également travaillé sur les limites des politiques de réforme du secteur de la sécurité en Tunisie et sur le rôle joué par les syndicats policiers, les organisations internationales et les groupes militants dans les transformations de l’institution policière.
En 2022, Audrey Pluta contribue au numéro 122 de la revue Confluences Méditerranée, intitulé Pouvoir des armées, armées au pouvoir, avec l’article Quand l’armée sort de sa caserne : recompositions des rapports politico-militaires dans la Tunisie post-2011.
Dans cette contribution, elle analyse l’évolution de la place de l’armée tunisienne depuis la révolution de 2011 et les transformations des relations entre pouvoir politique et institution militaire.
Sa thèse L’ordre de la démocratie : syndicalistes policiers et professionnels de la « réforme » sécuritaire en Tunisie (2011-2021) a reçu le Prix de thèse de l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM) en 2025.
En 2026, elle publie à l’IRSEM l’étude Des institutions en (r)évolution : Armée et police en Tunisie après 2011. Ce travail analyse conjointement les transformations des deux principales institutions sécuritaires tunisiennes et leurs rapports avec les recompositions du pouvoir politique depuis la révolution.
À travers ses publications et ses recherches, Audrey Pluta contribue ainsi à une meilleure compréhension des relations entre institutions sécuritaires, changement politique et autoritarisme en Tunisie et, plus largement, au Maghreb.
Audrey Pluta et l’iReMMO
Audrey Pluta intervient dans les activités de l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO) consacrées aux transformations politiques, sociales et sécuritaires du Maghreb.
Elle contribue notamment aux réflexions développées par l’iReMMO sur les **institutions sécuritaires, les relations civilo-militaires, les transformations politiques de la Tunisie et les évolutions du Maghreb depuis les soulèvements arabes de 2011**.
En 2022, Audrey Pluta participe au numéro 122 de la revue Confluences Méditerranée, intitulé Pouvoir des armées, armées au pouvoir et dirigé par Agnès Levallois et Elyamine Settoul.
Elle y publie l’article Quand l’armée sort de sa caserne : recompositions des rapports politico-militaires dans la Tunisie post-2011, consacré à l’évolution de la place de l’institution militaire tunisienne dans le système politique après la révolution de 2011.
Cette contribution s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place des armées et des appareils de sécurité dans les systèmes politiques du Maghreb et du Moyen-Orient et sur leur rôle dans les processus de changement politique et de maintien des régimes autoritaires.
Audrey Pluta intervient également dans le séminaire Géopolitique du Maghreb de l’iReMMO pour l’année 2026-2027, dans le cadre d’une séance consacrée à la précarité, au chômage et à la jeunesse au Maghreb dans le contexte des soulèvements arabes de 2011.
À travers ses recherches et ses contributions aux activités de l’iReMMO, Audrey Pluta apporte ainsi un éclairage de science politique sur les institutions sécuritaires et les transformations de l’État en Tunisie, tout en replaçant ces évolutions dans les dynamiques politiques et sociales plus larges du Maghreb contemporain.
Retrouvez sur le site de l’iReMMO les formations, publications et interventions d’Audrey Pluta consacrées à la Tunisie, aux institutions sécuritaires, aux relations civilo-militaires, aux transformations politiques et aux dynamiques contemporaines du Maghreb.
ÉDITO
ÉDITO
Loi Yadan: «Critiquer le sionisme marque un attachement à la vie et à la paix juste»
La proposition de loi Yadan visant à réprimer «les nouvelles formes d’antisémitisme» sera débattue le jeudi 16 avril 2026 par les députés. L’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme. Comme tout nationalisme, le sionisme, contesté depuis l’origine, y compris par des Juifs, ne peut conduire qu’à des drames.
Par Pierre Blanc, rédacteur en chef de Confluences Méditerranée
LES ANALYSES DE CONFLUENCES
LES ANALYSES DE CONFLUENCES
Quand le conflit du Sahara Occidental s’invite dans les vignes Bordelaises
Christophe Chiclet, 22 octobre 2012
Tout le monde se méfiait du plombier polonais. Le mistigri n’est jamais venu ! Personne n’avait vu venir le vendangeur sahraoui au fin fond de la Gironde, dans le nord-Médoc, à Pauillac. Pauillac est une bourgade d’un peu plus de 5.000 habitants, sur les bords de l’estuaire de la Gironde. La ville est surtout connue pour ses grands crus médocains. Elle compte 78 viticulteurs, dont la moitié est formée de grands et riches propriétaires de châteaux, voire très grands et très riches. En face, une classe moyenne à peine palpable et peu de commerces dans les petits villages du Médoc. Mais une multitude d’ouvriers agricoles dont certains n’ont même pas les moyens de s’acheter une voiture pour aller travailler.