De Salonique à Thessalonique : de la ville ouverte au repli sur soi ?

Partagez

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Samedi 30 octobre 2021 – 11h30-17h30

Dans le cadre du cycle 2021 de l’Université populaire
Cycle 2021-22 « Villes-carrefours de Méditerranée et du Moyen-Orient »

Carte ancienne de Salonique
Photo : Ernest Hébrard - Plan de la ville en 1917

Thessalonique, métropole aujourd’hui de plus d’un million d’habitants et ville légendaire méditerranéenne, est la capitale de la Macédoine grecque, à savoir de la plus grande région hellénique, et le deuxième port de Grèce. Depuis l’Antiquité, elle a joué un rôle majeur dans l’histoire et en porte encore les traces qu’il s’agisse de l’empire d’Alexandre le Grand (né en Macédoine), puis de la Rome classique, de l’empire byzantin et surtout de l’époque ottomane. Salonique, grâce notamment à sa position stratégique entre Venise et Istanbul, constitue une étape importante pour les échanges commerciaux entre la Méditerranée orientale et l’Asie.

Moment décisif de son histoire, l’expulsion des juifs espagnols en 1492 par les rois très catholiques Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille, après la chute de Grenade qui met fin à la domination musulmane dans la péninsule ibérique. En effet, avant d’arriver à Salonique, leur destination de prédilection (avec Istanbul), les séfarades chassés d’Espagne passent par différentes escales en Italie, au Maghreb ou même en Palestine. Au gré de ces migrations forcées, Salonique se transforme en une cité cosmopolite, pluriethnique et polyglotte dont la première communauté est celle des Juifs d’Espagne. On y dénombre 2669 nouvelles familles juives en 1520 et 5139 à la fin du XVIe siècle, alors qu’aucune n’est recensée en 1478.

Si à la fin du XIXe siècle, Salonique continue d’être une ville refuge pour les juifs de Méditerranée, le rattachement à la Grèce en 1912 produit une sorte d’homogénéisation d’un point de vue ethnique et religieux, due à l’immigration hellénique massive. Tout récemment, suite au démantèlement de l’ex-Yougoslavie, une âpre dispute a confronté la FYROM (ancienne République Yougoslave de Macédoine) et la Grèce au sujet de l’appellation «Macédoine» que chacune des deux parties revendiquait. Ce débat identitaire doit-il être considéré comme le symptôme d’un rétrécissement de l’optique et d’un repli sur soi de la part d’un peuple qui a toujours été ouvert et inclusif depuis l’Antiquité?

Rencontre avec :

11h30-13h

Histoire de la présence juive à Salonique

avec Alain de Tolédo, président de l’association Muestros Dezaparesidos, qui lutte contre l’oubli et pour la transmission et la revitalisation de la mémoire des communautés judéo-espagnoles de France. Créée en  2010 à l’initiative de sept associations judéo-espagnoles, Aki Estamos, Al Syete, Centre communautaire Don Isaac Abravanel, Judéo-espagnol à Auschwitz (JEAA), UISF (Union des israélites sépharades de France), Vidas Largas, Vidas Largas Marseille. Il a construit le projet d’un mémorial des Judéo-espagnols déportés de France, et est le coauteur (avec Nora de Tolédo et Daisy Saporta) de El Nehama al reverso. Vocabulaire français/judéo-espagnol (2021).

14h15-15h45

Sélection de films sur Salonique

16h-17h30

Thessaloniki : recit d’une emprise nationaliste

avec Valia Kaimaki, journaliste, fondatrice des éditions grecque et chypriote du Monde diplomatique (1998), dont elle est rédactrice en chef. Elle est depuis 2017 vice-présidente du conseil d’administration du European Journalism Centre à Maastricht. Elle a publié plusieurs livres sur les médias et le journalisme en Grèce et est coautrice de Les nationalistes à l’assaut de l’Europe (sous la direction de Dominique Vidal, L’Harmattan, 2020).

Tarifs
Journée 20 € / 12 €*
Séance 8 € / 5 €*
*tarif réduit pour les étudiant.e.s et demandeur.e.s d’emploi