Margo Stemmelin

Docteure en histoire contemporaine, chercheuse rattachée à l’IDHE.S (Institutions et dynamiques historiques de l’économie et de la société) et au département d’histoire de l’Université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis.
De l’Oranie à Barbès: le raï et la fabrique d’une musique «arabe» à Paris
Le raï, né dans les milieux ruraux oranais au début du XXe siècle, puise dans les traditions populaires berbères et bédouines, avant de se transformer en genre urbain à Oran dans les années 1970. Sa migration vers Paris s’effectue via les diasporas nord-africaines, et Barbès devient un espace central de sa recomposition et diffusion. À Paris, il est requalifié comme «musique arabe», en raison des classifications coloniales persistantes, malgré son ancrage berbère. Pour les immigrés maghrébins, écouter du raï à Barbès est un acte affectif, réactivant un lien mémoriel avec le pays d’origine. Le concert de Bobigny en 1986 marque l’entrée du raï dans les circuits de la world music. Sa mondialisation coexiste avec une fonction identitaire forte, les jeunes beurs s’en emparant pour affirmer une culture biculturelle et postcoloniale.
De Zayneb Ait Ali Ouali