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Regain de tension au Proche-Orient: «Si on ne voit pas la dimension politique, les violences vont continuer»

Depuis 48 heures, le climat au Proche-Orient entre Israël et la Palestine connaît un brutal regain de tensions. Une nouvelle attaque samedi à Jérusalem-Est a fait deux blessés, au lendemain de la fusillade près d’une synagogue au cours de laquelle un Palestinien a tué sept personnes. Regain de violences, marge de manœuvre de Benyamin Netanyahu face à des ministres d’extrême droite et retour sur les dernières semaines de violences à Jénine, Jean-Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite de sciences politiques à l’université de Cergy-Pontoise et également président de l’iReMMO (Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient), décrypte la situation actuelle.

RFI : Dès hier soir, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a promis des mesures immédiates, qui devraient être connues ce soir sans doute, pas plus de précisions à ce stade. À quoi faut-il s’attendre ?

Jean-Paul Chagnollaud : Il faut s’attendre, malheureusement, à ce qu’on a déjà vu bien souvent, mais peut-être de manière plus intense encore aujourd’hui, c’est-à-dire à un cycle de représailles, puis des violences qui vont venir de ceux qui ont subi la répression et donc une escalade de violences. On est vraiment dans un schéma très classique malheureusement. Il y a cette violence qui émane des Palestiniens et en retour, il y a la répression qui va sans doute être très forte, surtout avec l’actuel gouvernement. Ainsi, il y aura d’autres actions qui vont être conduites et ainsi de suite. En d’autres termes, si on ne voit pas la dimension politique de tout cela, si on n’essaie pas d’aborder cela d’un point de vue politique, eh bien les violences vont continuer. C’est malheureusement un classique. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une situation… ça n’excuse rien en termes de violences, mais ça permet de bien montrer le contexte : la Cisjordanie est un territoire occupé, et Jérusalem-Est dont nous parlons, est aussi, du point de vue du droit international, un territoire occupé et Gaza est enfermée. Donc, on est dans une impasse totale, d’un conflit entre deux peuples, c’est ça la vraie question, et donc comme la jeunesse n’a aucune perspective, certains résistent de telle ou telle façon, d’autres en viennent à ces actes terribles.

Justement, l’âge des assaillants des deux attaques, d’hier soir et de ce matin, pose question : treize ans pour l’un, vingt-et-un ans pour l’autre, c’est très jeune…

Oui, mais moi, je serais tenté de dire que ce sont des générations perdues. Si l’on prend les jeunes qui avaient par exemple vingt ans en 1990-1995 à l’époque d’Oslo, ils avaient une perspective politique : ils pouvaient penser qu’un jour, ils auraient leur propre État, un État palestinien à côté de l’État d’Israël. Or ceux qui sont nés autour de l’an 2000, après le naufrage de la seconde Intifada, n’ont connu que l’occupation et une colonisation effrénée – depuis une vingtaine d’années, elle s’est considérablement accélérée. Ces jeunes, c’est terrible, car ils commettent des actes qui sont évidemment inacceptables du point de vue d’une certaine éthique, mais en même temps, ils savent qu’ils vont mourir en faisant ça, donc c’est à ça aussi qu’il faut penser. Ils assassinent des gens et c’est absolument condamnable, bien entendu, et en même temps, ils savent qu’ils vont mourir. Il faut s’interroger sur cette situation, sur le terreau qui produit cette situation. Et ce terreau, je le répète, est en rapport avec une situation politique complètement bloquée, avec en plus une colonisation effrénée.

Ces jeunes, c'est terrible, car ils commettent des actes qui sont évidemment inacceptables du point de vue d’une certaine éthique, mais en même temps, ils savent qu’ils vont mourir en faisant ça, donc c’est à ça aussi qu’il faut penser... Il faut s’interroger sur cette situation, sur le terreau qui produit cette situation. Et ce terreau, je le répète, est en rapport avec une situation politique complètement bloquée, avec en plus une colonisation effrénée.

Peut-être aussi l’impression d’un deux poids deux mesures du point de vue de la communauté internationale ?

Ça, c’est très clair parce qu’on oublie que ce sont les territoires occupés. Ça ne justifie en rien toutes ces actions, on est bien d’accord évidemment, après, c’est un grand débat sur le plan de la tactique, sur ce qu’il faut faire quand on est dans une situation d’occupation, mais il faut bien reposer les vrais problèmes. Or, depuis des années, vous le savez très bien, vous savez à quel point la question palestinienne a été relayée aux marges. On ne s’en occupait plus, il y avait d’autres priorités.

Ça a été longtemps la Syrie, aujourd’hui c’est l’Ukraine, bref il y a plein de raisons qui font qu’on ne s’occupait pas de la question palestinienne qui, pourtant, au quotidien depuis des années, connait des choses terribles. Et puis, tout à coup, il y a cette éruption de violences, alors du coup, on se met à y repenser.

Juste un chiffre quand même pour donner une sorte de baromètre de la situation dans les territoires occupés par Israël : il y a eu, au cours de l’année 2022, 200 morts de jeunes Palestiniens tués par l’armée israélienne. On est donc vraiment dans une situation de grande tension, et l’arrivée de ce gouvernement d’extrême droite, en particulier le patron de la sécurité publique, Itamar Ben Gvir, ne va évidemment pas arranger les choses puisqu’il va pousser la répression à son maximum.

Jean-Paul Chagnollaud

Propos recueillis par Jean-Baptiste Marot

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Ghassan El Ezzi, 28 juin 2008
يستطيع اللبنانيون أن يهنئوا أنفسهم ويشكروا إخوانهم العرب ممن ساهموا ودعموا وسهلوا التوصل إلى اتفاق الدوحة الذي يمكن وصفه بال »تاريخي » لأنه قطع الطريق على حرب أهلية عرفنا من أين تبدأ لكننا نجهل كيف ومتى وأين كانت ستنتهي. ليس من الحكمة في هذه اللحظة التكلم عن منتصر ومهزوم والأفضل تأييد ما قاله الأمين العام عمرو موسى عن معادلة اللاغالب واللامغلوب اللبنانية العريقة.بيد انه من المهم التساؤل عما جرى وكيف بقدرة قادر انتهى كل شيء بعدما كان مؤكدا أن بلاد الأرز دخلت هذه المرة في نفق مظلم طويل.كيف وافقت قوى 14 مارس/آذار على كل مطالب المعارضة من إلغاء القرارين الحكوميين (نقل قائد جهاز امن المطار من موقعه والتحقيق في شبكة الاتصالات التابعة لحزب الله) الى الموافقة في الدوحة على حكومة الوحدة الوطنية مع الثلث المعطل للمعارضة واكثر من ذلك على قانون انتخابات العام 1960 ولو مع بعض التعديلات دون ان ننسى انتخاب العماد سليمان رئيسا للجمهورية رغم « العتب الشديد »عليه بسبب مواقفه التي اعتبرها البعض منحازة للمعارضة خلال الإحداث الدامية الأخيرة.

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Lettre d’information de l’iReMMO