Révolutions et contre-révolutions dans le monde arabe

N°115 – hiver 2020

Dix ans déjà que de Tunis au Caire, de Benghazi à Deraa, de Manama à Sanaa, des soulèvements se sont produits, avec une soudaineté et une vigueur telles que des pouvoirs ont vacillé et que certains ont même été emportés. Les 22 pays arabes n’ont cependant pas tous connu cette secousse. D’aucuns ont vite désamorcé des mouvements contestataires moins vigoureux, tandis que d’autres sont restés aux marges du mouvement. Cette différenciation processuelle est sans doute riche d’enseignements en termes de causalités. De même, le devenir des révolutions nous permet-il de décrypter des différences d’un espace à l’autre. La diversité de ce vaste mouvement contestataire et ses suites montrent donc, s’il en était besoin, combien le monde arabe échappe à tout réductionnisme.

Jeux de pouvoirs au Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie)

N°114 - Automne 2020
Dirigé par Haoues Séniguer.
Le Maroc, l'Algérie et la Tunisie ne sont certainement pas des sociétés figées, condamnées en quelque sorte définitivement aux conservatismes de toutes sortes. La forme et la nature des États ne disent pas tout des sociétés sur lesquelles s’exercent leurs pouvoirs. Cette image d’Épinal (la passivité ou résignation supposée des Arabes face à la tyrannie du Prince) a été sérieusement battue en brèche, sans disparaître complètement, depuis la période révolutionnaire de 2010-2011. Ces sociétés, aux histoires multiples, aussi proches que lointaines les unes des autres, sont au contraire marquées par une profonde vitalité sociale, culturelle et intellectuelle, des aspirations à la liberté et à la justice sociale constantes, en dépit des nombreuses vicissitudes et incertitudes politico-économiques qui les affectent. En effet, elles connaissent toutes, sous des formes diverses, des spasmes, heureux ou plus malheureux, dans des régimes qui oscillent entre dispositifs institutionnels semi-autoritaires/semi-démocratiques, réflexes néo-autoritaristes (Maroc et Algérie), percées ou lueurs démocratiques (Maroc et Algérie), et solidification d’institutions démocratiquement élues comme en Tunisie.

L’Iran en quête d’équilibre

N°113 - Été 2020
Dirigé par Clément Therme et Mohammed-Reza Djalili.
Depuis la Révolution islamique de 1979, l’Iran est toujours présenté comme étant à la croisée des chemins. Peu de recherches sur l’Iran contemporain privilégient le temps long pour comprendre ses paradoxes et ses contradictions internes et externes. Ce recueil d’articles propose de nouvelles perspectives sur la trajectoire historique originale de l’Iran qui n’a jamais été colonisé directement par l’Occident. De la fixation ancienne des frontières au nucléaire aujourd’hui, ce numéro propose un tour d’horizon des problématiques iraniennes souvent en lien avec les dimensions régionales. Les dimensions internationales sont aussi évoquées avec une focalisation sur les relations avec Washington, Moscou, Paris et Pékin.

Liban : la guerre de 1975-1990 dans le rétroviseur

N°112 - Printemps 2020
Dossier dirigé par Roula Abi Habib Khoury et Dima de Clerck.
Il aura suffi de l’annonce par le gouvernement d’une taxe sur l’application de messagerie WhatsApp pour qu’éclate un mouvement de contestation populaire inédit dans l’histoire du Liban contemporain. En ce 17 octobre 2019, trente années après l’accord de Taëf, censé mettre un terme à la Guerre du Liban et permettre au pays exsangue de renaître de ses cendres, une limite est franchie. Il va sans dire que ce ras-le-bol cache un mal plus profond. Celui-ci prend racine dans les graves dysfonctionnements qui sévissent depuis la fin des hostilités armées en 1990 et l’installation de la tutelle syrienne. La fin de cette dernière, suite à l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri en 2005, laisse la place à une crise de pouvoir et à une paralysie politique nées des rivalités inter et intra-communautaires sur fond de corruption généralisée et institutionnalisée (y compris au sein du pouvoir judiciaire), de clientélisme et d’impunité qui ont marqué les années 1992-2005.


 

Jordanie : une stabilité de façade

N°110 - Automne 2019
Dossier dirigé par Pierre Blanc.
La Jordanie est l'un des pays du Moyen-Orient les moins mis sous la lucarne médiatique : la stabilité éloigne l'attention du journaliste. Confluences Méditerranée interroge dans ce numéro cette apparente stabilité. À travers des thématiques politiques, économico-sociales, territoriales et géopolitiques, les articles révèlent finalement que ce qui se dégage n'est qu'une stabilité de façade.