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L’Égypte : acteur incontournable, dix ans après l’arrivée au pouvoir du maréchal Sissi?

Au pouvoir depuis dix ans, le régime égyptien du Maréchal Sissi qui n’hésite pas à soigner son image de partenaire utile, est soutenu par Washington, Riyad, Abu Dhabi et Tel Aviv. L’Union européenne est sur la même veine arguant de la sacro-sainte nécessaire stabilité de l’Égypte, seul pays d’Afrique du Nord à empêcher tout départ de migrants par voie de mer. Bon nombre d’États membres ne veulent pas perdre la coopération égyptienne en heurtant les autorités du Caire sur les questions de démocratie, droits humains et état de droit.

Invitée par Radio France Internationale, Agnès Levallois a analysé le possible déclin de l’Egypte, malgré des tentatives à la fois internes mais aussi internationales de maintenir la pertinence de cet acteur devenu incontournable.

Depuis que Sissi est aux affaires de l’Etat, il a l’ambition de redonner à l’Egypte une grande ambition, mais il n’en a plus les moyens. L’Égypte, de plus en plus dépendante des pays du Golfe, ne dispose plus de la marge de manœuvre qui pourrait être la sienne.

Il y a un dossier où l’Egypte essaye encore de maintenir cette place qu’elle occupe depuis une dizaine d’années : la question palestinienne. Il y a derrière cela un intérêt évident et des risques pour la sécurité du pays, notamment concernant la bande Gaza.

Les puissances occidentales considèrent que l’Egypte occupe, et doit occuper, une place importante stratégiquement, et qu’il faut absolument continuer à aider ce pays. Personne ne veut prendre le risque de l’effondrement de l’Egypte, qui est le plus grand pays arabe. 

La grande inquiétude des européens, c’est qu’il y ai des flux de migrations qui passent par l’Egypte pour venir en Europe. C’est quelque chose que Sissi exploite. Effectivement, il faut à ce titre garder des relations privilégiées avec le système égyptien. Mais pour l’instant, on ne fait que s’abriter derrière cela sans prendre le temps de s’arrêter et de se dire : quel est notre intérêt ? Quels sont les tenants et aboutissants de notre stratégie ?

Agnès Levallois, vice-présidente de l’iReMMO

ÉDITO

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LES ANALYSES DE CONFLUENCES

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Pour un « accord de solidarité » entre l’Union européenne et la Tunisie

Jean-François Coustillière, 29 avril 2011
Jean-François Coustillière écrit – L’Union européenne doit imaginer un objectif ou un horizon réellement séduisant qui puisse mobiliser non seulement les décideurs mais aussi les populations en Tunisie. La Tunisie a connu une révolution qui se traduit aujourd’hui par un processus de reconstruction de l’Etat sur de nouvelles bases différentes avec le souci d’améliorer la qualité de la gouvernance et celle de la participation du peuple à la conduite des affaires nationales. D’autres pays du pourtour méditerranéen connaissent des révoltes également motivées, le plus souvent, par la dégradation des conditions de vie des populations, et plus particulièrement un déficit considérable d’offres d’emplois. Ces événements connaissent des développements très différents allant de la guerre civile, comme en Libye, à un raidissement politico-social conservateur, comme en Syrie, ou à l’amorce de modernisation comme en Egypte, voire au Maroc. Seule la Tunisie est engagée dans un véritable processus de reconstruction fondamentale.

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Lettre d’information de l’iReMMO