Numéros parus

L’islam de France : nouveaux acteurs, nouveaux enjeux

N° 95 – Automne 2015
Dossier dirigé par Robert Bistolfi et Haoues Seniguer
Le dossier central de ce numéro de « Confluences Méditerranée » venait d’être bouclé lorsque les terribles attentats terroristes du 13 novembre 2015 ont provoqué horreur et stupeur. Malgré la profonde rupture qu’ils ont introduite dans le cours de notre monde, le titre et le contenu du dossier ont été maintenus tels quels. Divers, et parfois divergents aussi, les textes proposés ne prétendent pas fournir un tableau exhaustif des dynamiques de ou autour de l’islam de France, mais simplement apporter des éléments d’analyse au travail de la raison. C’est cette raison qui – après les émotions déstabilisantes du moment – devra s’attacher à éclaircir l’avenir. Chacun sent bien que l’on entre dans une période de dangers sans pareils, où l’histoire que l’on avait voulu croire apaisée, a repris sa marche incertaine dans le bruit et la fureur.

Crises sans frontières

N° 94 – Été 2015
Dossier dirigé par Pierre Blanc
Souvent il nous faut revenir à la source des mots pour en retrouver la richesse perdue. Leur usage sur les temps longs les a souvent défigurés voire amputés d’un de leur sens. Le mot crise que nous avons choisi pour ce dossier illustre cette tendance au délavage de leur contenu. En latin médiéval, le terme crisis signifie un assaut de la nature ou la manifestation violente d’une maladie. Mais si l’on parcourt un peu plus les chemins de l’histoire, on y découvre que krisis, en grec, signifiait jugement ou décision. Quand il est ici question de crises sans frontières, c’est bien en référence à ce double sens qu’il a été choisi. Il fait allusion à la violence qui se déploie sous nos yeux tout comme à ce moment de décision – peut-être – ou au moins de jugement que son autre sens évoque.

Roms et Tsiganes en Europe méditerranéenne

N° 93- Printemps 2015
Dossier dirigé par Milena Doytcheva
Les populations romani sont celles identifiées aussi, selon leurs origines et pays d’implantation, comme Gitans, Manouches, Sinti, Roms. En 1971, le premier « Congrès mondial » réuni à Londres érige l’appellation « Rom » en identification commune et en théorie générique pour l’ensemble de ces collectivités. Après avoir été longtemps perçu comme péjoratif, l’ethnonyme Tsigane connaît également une renaissance à partir des années 1960. Malgré ces processus récents de redéfinition, orientés vers l’idée d’une identité commune, les situations locales sont celles d’une grande diversité. Comment les dynamiques migratoires enclenchées depuis l’Europe de l’Est ont-elles pu ou non servir de catalyseur dans la période récente à ces logiques de remaniement identitaire ? – donnant lieu de manière différentielle dans l’espace et dans le temps à des processus de contrôle et de coercition, de mise à l’écart, de racialisation, ou encore d’inclusion revendiquée.

La société libanaise à l’épreuve du drame syrien

N° 92 Hiver 2014 – 2015
Dossier dirigé par Elisabeth Longuenesse
20 ans après la fin d’une guerre civile de 15 ans (1975-1990), 10 ans après le départ de l’armée syrienne, qui avait mis le pays en coup réglée, le Liban est confronté depuis près de quatre ans à une nouvelle épreuve qu’aucun Libanais n’aurait pu imaginer. C’est aujourd’hui le tour de son grand voisin d’être déchiré par un conflit atroce, qui avait pourtant démarré comme un soulèvement populaire non violent, tandis que la population syrienne fuit la répression, les bombardements, la crise économique, en se réfugiant dans les pays voisins. La présence de plus d’un million de réfugiés, équivalent au quart de la population résidente du Liban en 2011, bouleverse de fond en comble un équilibre social et politique déjà précaire. Derrière l’image d’un capitalisme clinquant, d’une société de consommation débridée, d’une vie culturelle particulièrement dynamique, le délabrement des services publics, le creusement des écarts sociaux, la multiplication des poches de pauvreté, sont à l’origine d’une combinaison étonnante de résistances civiles et de violences incontrôlées. La façon dont la « crise des réfugiés » est gérée est à l’image des contradictions du pays.

La question énergétique en Méditerranée

N° 91 Automne 2014
La question de l’énergie constitue depuis presque toujours un enjeu majeur pour la Méditerranée et son voisinage immédiat, le Moyen-Orient. Or, la crise économique mondiale puis les révoltes arabes semblent avoir provisoirement relégué au second plan les préoccupations environnementales et surtout énergétiques, les deux dossiers étant par ailleurs de plus en plus étroitement imbri- qués. La Méditerranée et son prolongement proche et moyen oriental restent, pour le moment, au cœur de la production du principal combustible mondial, le pétrole, tout en possédant des réserves considérables en gaz. D’où l’intérêt de s’interroger sur un certain nombre d’évolutions susceptibles d’affecter cet espace géographique à travers cet enjeu si stratégique qu’est l’énergie qui est aussi politique, économique et environnemental. Il est sûr que, sur ce dernier plan, l’engagement qui s’annonce en matière de lutte contre le changement climatique passera par une redéfinition du mix énergétique.

Afriqu’Orient

N° 90 Été 2014
Dossier dirigé par Karine Bennafla et Sébastien Abis
Si l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, d’une part, et l’Afrique subsaharienne d’autre part font chacune l’objet d’une littérature abondante, force est de constater que les relations entre ces deux aires régionales constituent, elles, un thème peu exploré et peu analysé . Cet « angle mort », ou du moins délaissé, de la recherche peut paraître étonnant. Et sans aucun doute regrettable car des dynamiques politiques, économiques, diplomatiques et militaires s’y déploient pour le meilleur et pour le pire.

Tragédie syrienne

N° 89 Printemps 2014
Dossier dirigé par Barah Mikaïl
Parler de la Syrie, c’est penser en premier lieu aux drames qui y sévissent. La catastrophe humanitaire provoquée par la guerre atroce qui tient le pays depuis maintenant plus de trois ans est sans précédent régional. Plus de 150 000 morts, 2,5 millions de réfugiés, 6,5 millions de déplacés, et la liste s’allonge jour après jour. Qui plus est, l’ampleur de la destruction des infrastructures de la Syrie provoquée par les lourds affrontements sévissant entre le régime et ses opposants armés indique aussi que le pays aura besoin de temps pour se relever une fois que cette guerre sera derrière nous.

Iran : Une nouvelle donne ?

N° 88 Hiver 2013-2014
Dossier dirigé par Clément Therme
Ce remarquable numéro spécial de Confluences Méditerranée met en lumière la vitalité de la recherche et de l’analyse consacrées à l’Iran. Ceci apparaît dans la variété des thématiques abordées, et dans la variété des parcours de leurs auteurs : si beaucoup appartiennent, comme il est naturel, au monde universitaire, d’autres viennent de la diplomatie, du journalisme, ou encore de la vie politique. Chacun, à sa façon, apporte à cet ouvrage sa connaissance intime du monde iranien et de son environnement. Les études présentées offrent donc la qualité unique de travaux irrigués d’expériences vécues.

Méditerranée : mare nostrum pour les migrants ?

N° 87 Automne 2013
Dossier dirigé par Sylviane de Wangen et Pedro Vianna
La mer Méditerranée est parsemée d’îles appartenant pour la plupart d’entre elles à l’Union européenne, soit en tant qu’État membre (Malte et Chypre), soit en tant que partie insulaire d’un État membre. L’une d’elles, Lampedusa, italienne, est plus proche de la Tunisie et de la Libye que de l’Italie. Cette proximité fait de Lampedusa l’un des terminus des routes maritimes empruntées par les migrants pour atteindre les rivages de l’Union européenne. Ces routes varient au gré de divers facteurs, dont les actions répressives menées par les pays européens, qui ont pour effet de déplacer les voies de passage du Sud vers le Nord, les « filières » de passage – qu’elles soient solidement structurées et contrôlées par des maffias ou qu’elles soient plutôt « artisanales », éphémères et de « proximité » – s’adaptant aux circonstances.

Palestine : 20 ans après

N° 86 Été 2013
Dossier dirigé par Pierre Blanc
La question de la Palestine est de retour dans l’agenda politique américain. Il s’effectue vingt ans après la signature des accords d’Oslo qui, pour la première fois depuis la guerre des Six jours, avaient semblé ouvrir des perspectives de règlement dans un conflit si central pour les relations internationales. L’entrée dans le processus de paix avait d’abord permis une reconnaissance mutuelle des deux protagonistes ; puis deux ans après, l’accord d’Oslo II avait mis en place un modus vivendi intérimaire dans la perspective d’un règlement définitif qui devait échoir en 1999. Deux décennies après, on attend toujours la suite. Les deux protagonistes de l’accord sont décédés, l’un assassiné par un extrémiste sioniste, l’autre mort dans des conditions qui demeurent encore à clarifier.