Jaffa, entre mixité et exclusion [EN LIGNE]

Samedi 29 janvier 2022 – 11h30-17h30

En raison du contexte sanitaire actuel, cette rencontre se déroulera intégralement en ligne sur Zoom.

Dans le cadre du cycle 2022 de l’Université populaire
Cycle 2021-22 « Villes-carrefours de Méditerranée et du Moyen-Orient »

Photo panoramique de Jaffa
Photo : Shai Pal

Fondée il y a 3500 ans et ancrée dans l’histoire politique de la Méditerranée orientale, la ville de Jaffa a été convoitée et conquise par toutes les puissances qui ont dominé la région depuis les Égyptiens : Néo-Babyloniens, Grecs, Romains, califes arabes au VIIe siècle, Croisés, Mamelouks, et jusqu’à la longue domination ottomane (début XVIe s.-début XXe s.). Jaffa, l’un des plus importants ports de la Méditerranée, a parlé toutes les langues et connu tous les régimes, tout en restant fidèle à son rôle d’escale incontournable du commerce maritime vers l’Orient.

 

Or ce port millénaire est aujourd’hui une ville arabe historique en Israël, qui vit une situation d’annexion depuis 1950, lorsque la ville est devenue un quartier de Tel Aviv. On considère aujourd’hui Jaffa comme une « ville mixte » où cependant la population palestinienne est confrontée à une coexistence difficile, caractérisée par des rapports de force démographiques et économiques inégaux entre Juifs et Arabes.

 

Depuis une vingtaine d’années, la gentrification du centre-ville a contribué à la modification des équilibres dans le tissu urbain de la ville par l’arrivée de nombreux jeunes israéliens animés par un idéal à la fois politique et culturel de cohabitation. Porteurs d’une culture alternative, de nombreux artistes israéliens et palestiniens ont ouvert des lieux d’art indépendants parfois éphémères (librairies, théâtres, restaurants, …) qui ont apporté du changement dans les rues du centre-ville.

 

Un phénomène très inquiétant est apparu récemment : les opérations coup de poing entreprises par les éléments les plus radicaux du mouvement religieux sioniste d’appropriation d’immeubles pour faire place à des familles juives. Cette autre forme de gentrification, visant à la judaïsation de la ville, non seulement inquiète les habitants de Jaffa, mais produit des violences urbaines en augmentation, comme en témoignent les événements du printemps 2021.

 

Quel avenir pour la « Fiancée de la mer » ?

Programme de la journée

11h30-13h

Jaffa, une ville de Palestine

Elias Sanbar, historien, écrivain et ancien ambassadeur de la Palestine à l’Unesco. Il a notamment publié Figures du Palestinien – Identité des origines, identité de devenir (Gallimard, 2004), Dictionnaire amoureux de la Palestine (Plon, 2010), et Le rescapé et l’exilé (co-écrit avec Stéphane Hessel, éditions Don Quichotte, 2012). Il est également traducteur du poète palestinien Mahmoud Darwich (Actes Sud).

14h15-15h45

Projection du film « La mécanique de l’orange » (Allemagne, France, Israël, Belgique, 2009, 90 minutes)

Réalisé par Eyal Sivan

L’histoire de la Palestine et d’Israël s’articule autour de représentations, d’images et de clichés. Mais parmi tous ces symboles, un seul est commun aux deux cultures : l’orange. Raconter l’histoire des oranges de Jaffa, c’est raconter l’histoire de cette terre à travers un récit riche et étonnamment émouvant. Le film d’Eyal Sivan n’est pas qu’une façon de se souvenir. Il est davantage une entreprise de surgissement du passé à travers la mélancolie du présent.

16h-17h30

Jaffa ambigüe

Daniel Monterescu, professeur associé d’anthropologie à l’Université Centrale Européenne (Budapest/Vienne). Il a publié de nombreux travaux sur les questions des relations ethniques et de l’espace urbain dans les villes binationales (dites « mixtes ») en Israël/Palestine. Il est notamment l’auteur de l’ouvrage Jaffa Shared and Shattered: Contrived Coexistence in Israel/Palestine (Indiana UP, 2015). Il a vécu plusieurs années à Jaffa.

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